La droite aux commandes de l’Europe : Les citoyens en attente d’un retour aux “fondamentaux” pour les partis de gauche

Posted by slovar on 08/06/09

Alors que de plus en plus de citoyens européens ont du mal à encaisser la crise (qui devrait selon l’OIT durer de six à huit ans) et manifestent de plus leur rejet du libre échange débridé et de la mondialisation économique, on ne peut que s’interroger en constatant les résultats (estimatifs) de l’élection au parlement européen.

En effet :

Les partis conservateurs réunis au sein du Parti populaire européen (PPE) ont largement remporté les élections européennes qui se sont achevées dimanche dans l’Union, montrent les projections du Parlement.

Le PPE est crédité de 263 à 273 sièges sur 736. Le Parti socialiste européen (PSE) obtient 155 à 165 sièges. L’Alliance des démocrates et des libéraux recueille entre 78 et 84 élus, devant les Verts, quatrième groupe du Parlement avec 52 à 56 eurodéputés, toujours selon ces projections.- Source REUTERS

Ce qui signifie que les directives et “réformes” libérales “pur jus” vont continuer, voire s’intensifier. Les lobbies patronaux vont s’en donner à coeur joie et la construction européenne reprendre son jeu de mécano délocalisateur.

Au delà de l’immense déception de ceux qui croient à une Europe de progrès social, il faut constater que les électeurs ont sanctionné ou boudé les partis qui revendiquent l’étiquette Parti Socialiste ou leur frères d’armes socio démocrates.

Les électeurs traditionnels de ces partis auraient-ils “viré” à droite ?

Bien sur que non. Ce que l’électorat de “gauche” européen a sanctionné c’est l’infime différence qu’il existe entre les socio démocrates et les partis conservateurs. Initié par le New Labour de Tony Blair et le SPD de Gerhard Schröder, la troisième voie a fait illusion pour se décliner partout en Europe en credo libéral “qui ne disait pas son nom”.

Coup de l’opération : Pourquoi soutenir des partis qui sous l’apparence de la gauche impose à leurs partisans des mesures identiques à celles que prendraient les partis conservateurs s’ils étaient au pouvoir ?

En clair, lorsqu’on est militant ou sympathisant, on peut se mobiliser contre un adversaire politique. Il est par contre impossible de soutenir son camp lorsque celui-ci vous transforme en “cocu” électoral.

Le courant social démocrate est mort sans gloire le 7 juin 2009. Tout comme les partis socialistes qui ne rêvent que d’un grand mouvement avec les partis ou mouvements de centre droit au détriment des mouvements se situant à leur gauche.

On a eu tord dans ces partis de “gauche” de croire que le clivage politique et économique n’était plus à la mode. Car pendant qu’ils se transformaient en OPNI (objets politiques non identifiés), à droite, on a retrouvé ses repères et surtout on prône et applique des programmes mettant en avant l’individualisme, le retour à l’effort (pour le plus grand nombre) et l’enrichissement individuel (pour un petit nombre).

Les partis et formations de “gauche” européenne ont cru pouvoir ménager la chèvre et le choux. La posture qui a consisté à vouloir se faire “aimer” par les milieux patronaux et capitalistiques (qui les détestent) en faisant payer au prix fort leur électorat salarié qu’ils pensaient “acquis” à donné le résultat qu’on connaît : transformer les partisans des partis de gauche en abstentionnistes.

On constatera qu’en Grande Bretagne ou en Allemagne pays initiateurs de la “troisième voie” on assiste à une déroute peu commune des socio démocrates.

Les urnes on parlé et en ce qui concerne les partis ou formations de gauche, il va falloir à l’instar des conservateurs retrouver rapidement les fondamentaux qui les ont toujours différencié de ceux-ci ou … disparaître et laisser la place à des mouvements plus radicaux mais porteurs d’espoir pour tous ceux qui payent et vont continuer à payer une crise dont ils ne sont pas responsables.

Le “Manifesto” des partis socialistes européens est un échec et doit être retenu comme tel. On ne gagne pas en réunissant des idées qui ressemblent plus à de “l’eau tiède” qu’un programme socialiste. Si la gauche européenne veut reprendre la main, elle doit maintenant s’orienter vers une stratégie d’union de TOUTE la gauche.

Cette union de la gauche (qui doit inclure l’extrême gauche jusqu’aux socialistes les plus “tièdes”) doit se faire autour d’un programme de gouvernement remettant en cause

les privilèges outranciers de certains
le dumping social et fiscal
les délocalisations systématiques
les emplois précaires
la future “utra flexibilité” des salariés
la fin programmée du code du travail, de la médecine du travail et des prud’hommes
la marchandisation de la santé
l’allongement sans fin de l’âge de la retraite
la mise en coupe réglée des média

Nous sommes totalement solidaire du texte que nous a fait parvenir Gérard Filoche

Il aurait fallu que le PS choisisse véritablement l’orientation à gauche qui a prévalu, même de justesse, au congrès de Reims. Certes les divisions internes nuisent mais pas tant que ça, ce qui manque c’est l’orientation de combat de gauche vraiment mise en œuvre car c’est ça qui reléguera les divisions.

Impossible de rester entre deux voies, à la croisée des chemins entre un social libéralisme minoré et un combat de gauche insuffisamment assumé. Il faut rénover, aller à gauche vraiment, enfin.

On voit bien que les thèmes les meilleurs, les plus évidents, défendus par le Parti de gauche, le Parti communiste ou le NPA correspondent largement à l’attente de millions de salariés qui voteraient pour nous sans hésitation si nous les défendions. Mais ces partis ne suffisent pas et ne suffiront pas, ni aujourd’hui, ni demain, à ramener une majorité de voix : il faut que le plus grand des partis, le PS, physiquement, matériellement, politiquement défende ces thèmes, sinon nul n’arrivera à les faire triompher.

Rappelons que le PS dirige 20 régions sur 22, 61 % des départements, et 2 villes sur 3. En mars 2008, il a battu le sarkozysme à plate couture, la gauche avait 51 % des voix, sans l’inconsistant Modem. Le PS est la « clef » de la gauche ». Mais il ne s’en sert pas.

Si la confrontation de fond pour répondre à l’immense crise du système financier, entre une Europe de droite, libérale et une Europe de gauche, sociale, n’a pas eu lieu, à l’occasion du 7 juin, c’est la faute au programme timoré et hésitant du PS.

Car pour s’en prendre à la fois à Barroso et à Sarkozy ce qui était la bonne orientation, il ne fallait pas avoir les pieds dans le tapis du PSE et les mains liés sur l’opt out par Gordon Brown et par le SPD sur Barroso. il fallait au moins un candidat pour la présidence de la commission. Sinon le lien avec le PSE ne faisait pas gagner de voix mais en perdre : c’est un boulet. D’ailleurs partout en Europe les droitiers du PSE ont perdu faute d’offrir une alternative à la crise.

Le problème n’est pas d’avoir fait trop d’anti-sarkozisme, c’est de ne pas en avoir assez fait, et de l’avoir mal ciblé : dés la fin 2008, il fallait désigner directement Sarkzoy et son système, son programme, sa politique, comme étant les fauteurs de crise, la bande du Fouquet’s, le Medef et le CAC 40 comme les forbans de la finance. La crise n’est pas venue d’ailleurs. Elle était dans la candidature Bling-bling ses appels a la déréglementation boursière, aux subprimes, aux prêts hypothécaires. C’était Sarkozy le “trader de l’Elysée”, l’ami des banquiers et banqueroutiers, en France comme en Europe. Son agitation en G4, G 8, G 20 masquait sa responsabilité centrale dans la crise. Il ne fallait pas le laisser s’échapper, laisser croire qu’il agissait alors qu’il aggravait tout par ses choix.

Et c’est sa “présidence française” qui tentait de faire passer la directive « temps de travail » à 65 h maxima par semaine ! Que n’en n’avons nous fait un axe en y opposant les 35 h et l’incontournable réduction du temps de travail. Il fallait aussi lier la lutte contre la loi Bachelot et la directive santé. Il fallait etre instransigeant sur l’Edf et dénoncer frontalement la privatisation du fret SNCF et de la Poste, annoncer que jamais on ne plierait la France à de telles directives.

La question n’est pas de l’ampleur d’un plan de relance (40 milliards ou 100 milliards) mais de la nature dudit « plan de relance » : est-il destiné aux banquiers ou aux salariés ? est-il destiné à pérenniser le système ou à le changer ? Est-ce que nous voulons, pour sortir de la crise, redistribuer les richesses (Smic à 1600 euros, 35 h, retraite à 60 ans, Sécurité sociale, services publics) ou non ?

Le PS est aussi responsable de son score, par sa façon trop lente de rompre le compromis historique avec l’Europe des libéraux pour revendiquer une autre Europe, sociale. Il y a quatre ans, l’Europe avait passionné les électeurs français qui avaient, en toute connaissance de cause, voté « non » à 55 % au projet de constitution libérale européenne. Depuis l’écart s’est creusé entre l’Europe et les Français, à cause du coup tordu de Sarkozy imposant le traité de Lisbonne sans référendum et des embarras pérennisés du PS, ce qui a contribué à distancier beaucoup d’électeurs des urnes. Trop de salariés ont pensé : « à quoi bon ? ».

Le PS manque au salariat. Il aurait fallu avancer des revendications précises en matière de salaire, de contrôle des licenciements, de durée du travail, de Sécurité sociale. Pas du baratin ! « Changeons maintenant ! » ça ne veut rien dire (quoi, qui, pour qui, comment).

Le PS manque à la gauche : ce fut une grave erreur en pleine campagne, de notre ancien premier secrétaire de relancer l’idée d’une alliance avec le Modem, au lieu de défendre le rapprochement avec le FG, le NPA, les Verts.

Le PS ne soutient pas assez fortement les licenciés, les précaires, les pauvres et ne dénonce pas assez la politique de « rupture » réactionnaire cruellement antisociale de Sarkozy. Il court après les modes, les apparences, mais il ne promeut pas de syndicalistes ni de défenseurs du droit des travailleurs : ce n’est pas une question de génération, de quadras, mais de fond !

Enfin il faut qu’on comprenne massivement qu’on est pour la rupture avec le système. Nous sommes pour une économie mixte et contre une société de marché. Nous sommes pour rompre avec le capitalisme financier type FMI/OMC. Nous sommes pour une VI ième République sociale, pas une pour une République conservatrice néolibérale. Nous sommes pour arrêter avec le « libre-échange », la « concurrence libre et non faussée », et remplacer la « main invisible du marché » par la main visible de la démocratie. Les salariés sont plus nombreux que les actionnaires et les patrons : c’est le salariat que nous devons écouter !

Et pour cela, un seul choix, une seule dynamique, l’unité de la gauche ! Unité de toute la gauche ! Pas d’exclusive, sauf envers les idées de droite libérale ! Pas d’hésitation sur notre camp : pour reconstruire le PS, sortir du 21 avril 2002 et du 6 mai 2007, il faut enfin un autre cap … / …

Au boulot ! et pas d’excuses ou atermoiements ….

La France soutien l’adhésion de la Macédoine à l’UE : Tintin redessine les balkans ?

Posted by slovar on 18/05/09

Nicolas Sarkozy a réaffirmé vendredi le soutien de la France à l’adhésion de la Macédoine à l’Union européenne lors d’un entretien avec le Premier ministre Nikola Gruevski, selon ce dernier” – dépêche AP du 15 mai 2009

Et pourtant, Nicolas Sarkozy Président de l’Union avait été très ferme sur le sujet des adhésions nouvelles : “Je trouverais très étrange qu’une Europe à 27, qui a du mal à s’entendre sur des institutions plus fonctionnelles, soit d’accord pour s’adjoindre un 28e, un 29e, un 30 ou un 31ème pays, ce qui ne ferait qu’aggraver la situation

La Présidence français de l’union européenne : Les membres de la majorité présidentielle en parlent encore avec des sanglots dans la voix en évitant d’évoquer les quelques 190 millions d’€ (pour 6 mois) dont 90 millions sont allés aux manifestations traditionnelles de la Présidence : organisation de deux Conseils européens, neuf sommets avec les pays tiers, 35 conseils des ministres européens. Ainsi que le coût des manifestations organisées à l’initiative propre de la France et de ses différents ministères s’élèvant à 80 millions d’euros. Quant aux 20 millions restants, ils correspondaient, notamment, aux activités de communication et aux frais de fonctionnement du Secrétariat général de la Présidence française. Source Premier Ministre

Si l’homme Sarkozy doté de nouveaux habits politiques a pu “faire son show” hyper actif en faisant mine de tout décider et tout faire, il a buté sur un certain nombre de point. Le plus important de tous fut le rejet de “son” traité (dit) simplifié : Le traité de Lisbonne par les Irlandais.

Déstabilisé par cet échec, il déclarait en juin 2008 (alors que la France devait prendre la présidence de l’union le 1er juillet 2008) : “qu’il fallait stopper le processus d’élargissement, tant que les questions institutionnelles européennes ne seraient pas réglées (Croatie, Turquie, Macédoine)

La phrase était sans appel : “L’UE devra mettre un arrêt à l’élargissement jusqu’à ce que soit résolue la question du rejet par l’Irlande du traité de Lisbonne, qui devait réformer les institutions européennes

Et que lisait-on hier dans une autre dépêche de AP ?

Nicolas Sarkozy a réaffirmé vendredi le soutien de la France à l’adhésion de la Macédoine à l’Union européenne lors d’un entretien avec le Premier ministre Nikola Gruevski, selon ce dernier. “Il s’est déclaré prêt à aider l’entrée de la Macédoine dans l’Union européenne“, a déclaré le Premier ministre macédonien après l’entretien. M. Gruevski a réclamé une date “avant la fin de l’année” pour le début des négociations.

L’Union européenne a accordé en décembre 2005 le statut de candidat à l’ancienne république yougoslave, mais le processus d’adhésion est bloqué en raison du veto de la Grèce. Depuis l’indépendance du pays en 1991, Athènes s’oppose à l’utilisation par Skopje du nom de Macédoine, qui est aussi celui de la région Nord de la Grèce. La Grèce met aussi son veto à l’entrée de la Macédoine dans l’OTAN. Le Premier ministre macédonien a par ailleurs réclamé la levée des visas imposés à ses ressortissants pour leurs déplacements dans l’Union européenne. Il a assuré que Skopje avait accompli tous les efforts réclamés par l’UEAP Yahoo

Alors même que le 15 mai 2009 on pouvait lire :

Peu d’avancée sur le front des “garanties juridiques” réclamées par l’Irlande pour organiser un second référendum sur le traité de Lisbonne. Sur ce point, le projet d’ordre du jour du Conseil européen des 18-19 juin reste encore très flou. Les ministres chargés des Affaires européennes devraient brièvement en discuter le 18 mai à Bruxelles mais sans s’appesantir. La présidence tchèque explique qu’il faut négocier avec les autres Etats membres car certains pourraient avoir de nouvelles revendications. Les garanties réclamées par le gouvernement irlandais pour éviter de renouveler le scénario négatif du 12 juin consisteraient à réaffirmer le droit de chaque Etat membre de désigner un commissaire européen et de prendre ses propres décisions en matière de fiscalité, de défense, de droit à la vie, d’éducation et de santé – Source Fenêtre sur l’Europe

Comment expliquer ce revirement de l’ex Président de l’Union, inflexible il y a quelques mois, alors qu’on ignore encore à quelle date serait organisé un second référendum en Irlande ?

Car, ne l’oublions pas, la Macédoine a reçu le statut de pays candidat à l’UE en 2005, pourtant jusqu’à maintenant les négociations sur son adhésion n’ont jamais été entamées - Source Novosti

En tous cas le communiqué sur le site de France diplomatie est explicite :

Le Premier ministre Nikola Gruevski effectue une visite de travail à Paris les 14 et 15 mai. Il sera reçu le 14 mai par le président de la République et participera le 15 mai à une réunion de travail avec le MEDEF. Il rencontrera également Eric Besson, ministre de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Développement solidaire, ainsi que Abdou Diouf, Secrétaire général de la Francophonie. . Cette visite sera l’occasion de faire le point sur l’état d’avancement des réformes engagées en vue du rapprochement avec l’Union européenne de ce pays candidat à l’adhésion depuis décembre 2005 et de réaffirmer notre appui à sa perspective européenne. Nous rappellerons également notre souhait d’un aboutissement rapide des négociations conduites entre Athènes et Skopje, sous les auspices des Nations unies, sur la question du nom du pays.

Les questions régionales seront aussi abordées. Ce sera l’occasion pour nous de saluer à nouveau la reconnaissance par Skopje de l’indépendance du Kosovo dont nous sommes convaincus qu’elle contribue à la stabilité régionale. Ces entretiens permettront également de passer en revue nos relations bilatérales, ainsi que le développement de nos relations économiques

Et hop, une nouvelle zone de production à par cher en prévision. Il faut dire que les Slovènes commencent à avoir des ambitions de niveau de vie irréalistes pour les entreprises étrangères ….

On découvre également que : “Le Ministre de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du développement solidaire a proposé au Premier ministre de Macédoine d’aller plus loin au niveau bilatéral en négociant un accord de gestion concertée des flux migratoires. Cet accord favorisera en particulier la mobilité des jeunes, étudiants et jeunes professionnels. Eric Besson a annoncé qu’il se rendrait en Macédoine avant la fin de l’année. Source France diplomatie

Alors même que l’Union n’a pas pris de décision quant à cette adhésion puisque Eric Besson a déclaré : “que la France donnerait son accord à la suppression des visas pour les ressortissants macédoniens dès que la Commission Européenne aura indiqué que la feuille de route fixée par l’Union Européenne est pleinement mise en œuvre” – Source The Web Consulting

Tout ceci ne serait qu’un banal reniement ou revirement de plus de la part du Chef de l’Etat si on oubliait de rapeller le contentieux entre la Macédoine et la Crèce (qui elle est membre de plein droit de l’Union)

Dernière provocation en date : “Les autorités municipales de Skopje ont décidé d’ériger sur la place centrale de la capitale macédonienne une statue équestre monumentale d’Alexandre le Grand. Le coût de ce projet est estimé à 4,5 millions d’euros. L’oeuvre, qui doit faire 22 mètres de haut, représentera Alexandre le Grand sur son cheval Bucéphale.

Cette décision des autorités de Skopje risque de susciter un vif mécontentement en Grèce, qui avait déjà très mal pris la décision macédonienne de renommer l’aéroport de la capitale, “Skopje” en “Aéroport Alexandre le Grand”, en décembre 2006. Les relations entre Skopje et Athènes sont affectées depuis dix-huit ans par un différend politico-sémantique sur le nom même de la Macédoine. La Grèce bloque depuis 1991 la reconnaissance internationale de la Macédoine sous ce nom, considérant qu’il appartient exclusivement à son patrimoine historique national. - Source Le Figaro

Alors, quelle mouche aurait piqué notre Président de stratège pour accélerer cette adhésion “surprise” ?

On apprend par le journal Le Monde que : “Très attendue, la visite dans les Balkans du vice-président américain, Joseph Biden, dans quelques jours, relance l’attention diplomatique pour cette région. Après le soutien de l’administration Bush à l’indépendance du Kosovo en 2008, cette tournée américaine permettra de préciser l’agenda de la nouvelle administration américaine alors que les pays des Balkans sont engagés, en ordre dispersé, sur la route vers l’Union européenne (UE) et l’OTAN … / … Les dirigeants macédoniens ont été heureux d’entendre Barack Obama au sommet de l’OTAN, le 4 avril, exprimer son “impatience” de voir leur pays au sein de l’Alliance, après les entrées, cette année, de la Croatie et de l’Albanie … / …

Ah bon! c’est en fin de compte une demande des américains que notre Président soutient avec force ! Que ne ferait-on pour devenir le “meilleur” ami de Barack après avoir été celui de George et se montrer le bon élève de l’OTAN ?

Le nouveau Président de ex-République yougoslave de Macédoine (nom officiel auprès de l’ONU) a toutefois un argument (outre qu’il porte le même prénom que notre Président) qui a du séduire Nicolas Sarkozy : “Je ne vois pas ce que changerait l’entrée de la Macédoine. Ce ne serait pas une charge lourde. Notre pays, c’est comme un quartier de Paris” – Source Le Monde

Effectivement, comment résister dans ce cas à une adhésion même si elle est bâclée et risque de rallumer des tensions bien inutiles dans cette zone à haut risque et nous fâcher avec le partenaire Grec …

Après Tintin créé l’improbable “Union pour la Méditerranée“, nous avons depuis hier : ” Tintin redessine les balkans

Comme c’est beau la gouvernance de la planète, et surtout, tellement plus amusant que … les problèmes de pouvoir d’achat et de chômage ….

Photo
Diplomatie.gouv

Elections européennes : Il faut assumer mon petit Bernard !!!

Posted by slovar on 11/05/09

Bernard Kouchner a bien du malheur. Contrairement à Eric Besson qui a accepté de boire le calice jusqu’à la lie avec une satisfaction non dissimulée, notre Ministre des Affaires étrangères a soudain des pudeurs de dernière minute pour soutenir de façon inconditionnelle les listes UMP pour les prochaines élections européennes.

Il s’en explique d’une façon extrêmement alambiquée dont lui seul a le secret : “En tant que ministre des Affaires étrangères et européennes, j’ai oeuvré depuis mai 2007 au service d’une ambition et d’une politique”, souligne-t-il dans son communiqué. “Cette ambition, c’est celle de la France et de l’Europe. Cette politique, c’est celle du président de la République et du Premier ministre

Bon, au moins ça a le mérite d’être clair. En acceptant la mission au côté du Chef de l’Etat durant ces deux premières années, j’ai approuvé la politique de mon Président et j’en suis content.

Néanmoins, et c’est là où ça coince, l’UMP qui cherche une fois de plus à faire un mauvais coup au PS (qui devrait se désintéresser du sort final de ce socialiste d’opérette mais baisse toujours les yeux lorque l’UMP évoque son ralliement et sa fidélité au Président) s’attendait à ce que le “French Doctor” affirme la main sur le coeur son engagement et même la couleur de son bulletin de vote. A savoir : “Je voterai pour la liste UMP

Au lieu de cela, on peut lire sur le site de LCI : “Des propositions précises seront rendues publiques en ce début de semaine. Ce sont celles-ci qui, naturellement, m’inspireront”, indique-t-il sans dire clairement en faveur de quelle liste européenne il se prononcera le 7 juin. Le ministre entretient donc le suspense comme à plaisir. Et il se paye le luxe, dans ce même communiqué, d’un vibrant éloge de la construction européenne en relevant que “jamais dans l’histoire, l’Europe n’a été aussi libre de son destin. Jamais elle n’a eu autant les moyens d’être un acteur essentiel au service de la paix, d’une croissance économique mieux partagée et d’un système financier mieux régulé. La responsabilité de chaque citoyen est d’exprimer son choix pour le projet européen”, affirme-t-il.

Et ça, par contre, ça a le mérite … de n’être pas clair du tout et c’est surtout la preuve que notre bon ministre a “le cul entre deux chaises”. Cette situation qu’il a lui même générée en rejoignant VOLONTAIREMENT le gouvernement de François Fillon, il se doit aujourd’hui de l’assumer publiquement au lieu de nous jouer : “J’y va t’y, j’y va t’y pas”

Et oui mon cher Bernard, vous vous êtes essayé au mythe de Faust et refusez d’en payer le prix.

De quoi avez-vous peur ?

Que le fantôme de Jean Jaurès vienne perturber vos nuits ?
Qu’en cas de défaite de la majorité parlementaire aux prochaines présidentielles nul ne veuille plus de vous ?
Que François Bayrou en prenne ombrage et vous néglige dans son futur gouvernement en cas de victoire ?

Afin de vous tranquilliser, nous vous rappellerons que le votre est secret et que vous pourrez mettre n’importe quel bulletin dans l’urne le jour venu et expliquer à ceux qui vous en parleraient en privé que vous avez choisit le camp cher à vos idées ou actions.

Trahir son camp, c’est passer de l’autre côté. C’est le premier pas qui compte et vous en avez fait beaucoup pour devenir l’un des Ministres les plus actifs d’un gouvernement de droite assumée. Alors les états d’âme ….

De plus, cessez de vous angoisser puisque Claude Allègre a demandé à rejoindre le gouvernement et que Jack Lang et Manuel Valls se demandent de quelle façon franchir le rubicon. En fin de compte, la solitude qui semble vous peser risque d’être mons difficile à vivre avec des “collègues” qui vous aideront, nous en sommes certain à ” être un acteur essentiel au service de la paix, d’une croissance économique mieux partagée et d’un système financier mieux régulé”

Et surtout restez zen, vous auriez pu comme Michel Rocard devenir “ministre” des pingouins et autres ours polaires …. Elle est pas belle la vie ?

Dernière information concernant le sujet évoqué par Slovar les Nouvelles

Bernard Kouchner a fini par crever la polémique. Oui, il votera bien pour les listes UMP aux élections européennes du 7 juin, a-t-il fait savoir dans un communiqué transmis lundi midi depuis New York.Le Parisien

Et bien voila, Bernard, ce n’était pas si difficile que ça !!! Il ne reste plus maintenant qu’à prendre une carte à l’UMP et à créer un club des “traitres de gauche” avec Eric Besson … Félicitations !

Nous avons besoin de plus d’Europe ? : Et si on parlait des élections européennes !

Posted by slovar on 05/05/09

Bien que les partis politiques français s’en défendent, (à part peut être Europe Ecologie, pour qui cette élection est le seul tremplin électoral) la campagne pour les élections européennes affiche un encéphalogramme plat.

Beaucoup affirment que la crise économique qui touche tous les pays de l’Union en est la cause. Dans le même temps, chaque pays y va de son plan de relance, sans avoir recours à l’Europe, tout en nous expliquant jusqu’à la nausée, pourquoi l’Union européenne est … la seule solution pour s’en sortir !!!

Pourquoi nous appelle t-on aux urnes et quel est l’enjeu de ce scrutin ?

Sur les 736 députés du Parlement européen, les Français en éliront 72, comme leur homologues italiens ou Britannique, et conformément au système de représentativité proportionnelle dégressive. Pays le plus peuplé de l’UE, l’Allemagne doit élire 99 députés, soit environ un député pour 832 000 habitants. A l’inverse, Malte sera représenté par 5 députés soit environ un député pour 80 000 habitants.
Seules les listes obtenant au moins 5 % des suffrages peuvent prétendre à un siège au Parlement, qui est l’unique organe communautaire élu au suffrage universelle direct.
Et c’est bien le problème ! Car, quel est le vrai rôle de ces euro députés ?
Législatif tout d’abord. Les eurodéputés votent les lois proposées par la Commission européenne, avec le Conseil de l’Union européenne. En outre, il peut agréer, modifier ou rejeter le contenu des législations européennes. Son rôle est en revanche réduit à un simple avis consultatif pour les questions dîtes sensibles, telles que la fiscalité, la politique industrielle ou la politique agricole par exemple. De même : La principale compétence d’un parlement, à savoir l’adoption de normes ou de lois générales, n’appartient que partiellement au Parlement européen. Les normes européennes sont pour la plupart adoptées par le Conseil des Ministres – Source IBZ
Arrêtons-nous sur ces points qui méritent dans les circonstances actuelles d’être développés

L’actuelle crise économique est née de la liberté totale des marchés financiers avec entre autre leur capacité à utiliser les paradis fiscaux et à jouer sur la fiscalité la plus avantageuse qu’offrent certains pays de l’Union européenne.

Pourquoi nous ressasser que nous avons besoin de plus d’Europe pour combattre la crise alors que les élus à l’assemblée européenne n’ont pas la possibilité de légiférer ou de réagir dans les domaines de la fiscalité ou de l’industrialisation ? Quant aux fameuses normes qui sont de plus en plus perçues par les citoyens européens comme des boulets ou contraintes, elles semblent bien représenter la principale préoccupation de la Commission bien aidée en cela par les lobbies qui … la conseille.

Peut-on encore parler de démocratie européenne dans ce cas ? Car pour l’essentiel, l’Union est dirigée par la Commission Européenne qui comme indiqué plus haut n’affronte jamais le suffrage universel
La Commission est le moteur du système institutionnel communautaire :

- Détentrice du droit d’initiative législative, elle propose les textes de loi qui sont soumis au Parlement et au Conseil.
- Instance exécutive, elle assure l’exécution des lois européennes (directives, règlements, décisions), du budget et des programmes adoptés par le Parlement et le Conseil.
- Gardienne des Traités, elle veille au respect du droit communautaire, conjointement avec la Cour de Justice.
- Représentante de l’Union sur la scène internationale, elle négocie des accords internationaux, essentiellement de commerce et de coopération. – Source DECIL

Que pèsent vraiment en fin de compte les 736 députés à côté des quelques 15 000 personnes qui travaillent pour la Commission et ses 23 Directions Générales et 14 services décentralisés ? Ajoutons à celà que la commission dispose également de Représentations dans chaque Etat membre et de Délégations dans les pays en voie d’adhésion et les pays tiers.(site de l’UE en France )

Un mode d’élection fantaisiste et peu compréhensible

Scrutin de liste proportionnel et dans huit circonscriptions interrégionales. Pour élire 72 eurodéputés (sur 736), la France est divisée en 8 circonscriptions.

Suite à la décision du Conseil de 2002, un certain nombre de législations nationales des anciens États membres ont été modifiées ou sont en cours de modification. Ainsi, la France a abandonné la circonscription nationale unique au profit de huit grandes circonscriptions régionales dénommées: Nord-Ouest, Ouest, Est, Sud-Ouest, Sud-Est, Massif Central, Île-de-France, Outre-Mer.

Bon, ça c’est pour la France mais, Il faut néanmois noter que : Dans certains États (Allemagne, Espagne, France, Grèce et Portugal), les électeurs ne peuvent pas modifier l’ordre des candidats sur la liste. Dans d’autres États (Autriche, Belgique, Danemark, Finlande, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Suède), l’ordre des candidats peut être modifié en attribuant des voix de préférence. Au Luxembourg, il est même possible de voter pour des candidats appartenant à différentes listes. En Suède, les électeurs peuvent, en outre, ajouter ou supprimer des noms sur les listes. En Irlande, Malte et au Royaume-Uni, les élections ne se déroulent pas au scrutin de liste. – Source Europarlement
Limpide non ? et surtout efficace puisque : L’abstention a augmenté en 2004. Les candidats sont, à quelques exceptions près, trop peu connus pour susciter de l’engouement. Et ce n’est pas prêt de s’arranger si l’on en croit une étude IPSOS- Le Point
Avec un niveau de votants potentiels à 44% dans la dernière mesure d’intentions de vote Ipsos-Le Point, nettement en retrait de ce que l’on mesurait un mois avant les scrutins de 2004 et de 1999, on battrait certainement un record d’abstention si les élections européennes se tenaient aujourd’hui. Les électeurs ne se sentent pas encore concernés par la campagne, mais les choses peuvent bouger d’ici au 7 juin. Pour le moment, on enregistre un fort différentiel de mobilisation selon la classe d’âge (30% de votants potentiels chez les moins de 30 ans contre 63% chez les plus de 60 ans), qui explique en partie la bonne tenue des listes UMP, mesurées en tête à 27%. Le rapport de force global reste toutefois favorable à la gauche, qui totalise 48% d’intentions de vote, soit 3 points de plus qu’en 2004. Source IPSOS -SONDAGE EFFECTUE POUR : Le Point – DATE DU TERRAIN : Les 30 avril & 2 mai 2009.

Et oui, comme tout le monde le sait, les jeunes aiment l’Europe et en redemandent : Lucidité ou découragement ?

Va t-on voter pour un parti politique : UMP, MODEM, PS, Verts ?

Le système mis en place est très différent de celui que connaissent les électeurs. En effet : Le système de groupe politique au sein du Parlement européen est très spécifique. Plutôt que de se référer uniquement aux intérêts nationaux, les députés européens sont invités à se regrouper dans des formations plurinationales représentatives d’intérêts communs.
Sur les 785 eurodéputés, 772 sont répartis en 8 groupes politiques. Pour former un groupe politique, il faut au minimum 20 députés européens originaires d’au moins 6 Etats membres de l’UE.
Ainsi, si vous votez UMP, votre vote ira au “Groupe du Parti populaire européen et des Démocrates européens (PPE-DE)” : Fort de ses 288 députés européens représentant les 27 Etats membres de l’Union, le PPE-DE est le plus grand groupe du Parlement européen. Il est aussi une composante importante du paysage politique européen : plusieurs Premiers ministres actuels dans les Etats membres de l’UE, le Président de la Commission européenne ainsi que le Président du Parlement européen, appartiennent à cette famille politique.
Si vous votez Socialiste, votre vote ira au “Groupe socialiste au Parlement européen (PSE)” : Aux élections de 2004, les socialistes ont obtenu 27, 19 % des votes, ce qui leur a permis d’obtenir 200 sièges, occupés par des élus originaires de 23 Etats membres. La France représente la délégation nationale numériquement la plus importante avec 31 membres (issus du Parti socialiste français), suivie par les 24 membres espagnols du PSOE et les 23 membres allemands du SPD. Depuis l’adhésion de la Roumanie et la Bulgarie, le groupe s’est agrandi avec 15 nouveaux députés. Sept Présidents de commissions parlementaires (24 Vice-présidents), 5 vice-présidents du Parlement et 2 questeurs appartiennent au PSE. Le groupe PSE compte aujourd’hui 217 membres.
Si vous votez MODEM votre vote ira probablement au “Groupe Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe (ADLE)” : Avec 100 députés issus de 22 pays, l’Alliance des Démocrates et des Libéraux pour l’Europe (ADLE) est le troisième groupe politique d’importance au Parlement européen. Le partage des responsabilités entre les groupes politiques a doté l’ADLE de trois présidents de commissions parlementaires et de deux vice-présidents du Parlement. En termes de délégations nationales, les Etats membres les plus représentés au sein de ce groupe sont l’Italie (12 membres), en tête, suivie du Royaume-Uni (11 membres) et de la France (10 membres).
Il se peut aussi que votre vote aille aux :

- Groupe des Verts/Alliance libre européenne (Verts/ALE)
- Groupe confédéral de la Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique (GUE/NGL)
- Groupe Indépendance/Démocratie (ID)
- Groupe Union pour l’Europe des Nations (UEN)
- Groupe Identité, Tradition, Souveraineté (ITS)
Détails de tous les groupes sur “Toute l’Europe”

Une bonne question : Combien ça gagne un euro député ?

Jusqu’à maintenant, la plupart des eurodéputés touchent un salaire équivalent à celui perçu par les députés nationaux. De grandes disparités existent entre le traitement des différents représentants européens. Ainsi, un député Letton gagne environ 1 000 euros par mois quand un député italien perçoit 12 000 euros mensuels. Après les élections de juin, les parlementaires européens vont être soumis à un statut unique et gagneront environ 7 000 euros par mois. Une rémunération qui sera financée par le budget communautaire. – Source Metro
Question annexe : Peut-on cumuler le mandat d’euro député avec celui de député national ?

Un député européen ne peut exercer une autre fonction dans une institution ou un organe communautaire, et doit renoncer à siéger au Parlement national.

Cette réponse nous explique pourquoi les ténors de nos assemblées ne se risquent pas dans l’aventure. En effet, à Strasbourg :

- Pas de traitement de faveur
- Pas de micros ou d’interviews complaisants des media “amis”
- Pas de possibilité de se distinguer dans le lot des très nombreux parlementaires.

En résumé : Difficile de faire sa star.

Ce qui explique le refus de plusieurs membres du gouvernement de jouer le jeu. Par contre lorsqu’on voit la bousculade au portillon pour devenir Président de région et ensuite demander des aides à l’Europe on se dit que “l’enthousiasme” des habitants électeurs de l’Union est parfaitement justifié mais que celui des futurs élus est authentique
Car : Aujourd’hui, plus de 200 bureaux de représentation des régions sont présents à Bruxelles. Leur rôle : défendre et promouvoir auprès des institutions européennes les intérêts des collectivités qu’ils représentent. Toutes les régions françaises possèdent aujourd’hui un bureau de représentation à Bruxelles. Afin de mutualiser les ressources ou parce qu’elles partagent des problématiques communes, certaines régions se sont regroupées pour établir une structure commune de représentation. C’est notamment le cas des régions Bretagne, Pays de la Loire et Poitou-Charentes.(liste complète des représentations françaises à Bruxelles)
Vous noterez au passage que ces représentations sont installées à Bruxelles et non à Strasbourg, ce qui montre l’intérêt des régions et de leurs représentants pour le parlement européen …
Alors, si vous êtes toujours indécis ou même indifférents à ces explications, peut être serez vous sensibles aux slogans de nos partis politiques pour cette élection :

UMP : “Quand L’Europe veut, l’Europe peut
Parti Socialiste : “Changer l’Europe maintenant
MODEM : “Réenchanter l’Europe auprès des Français” (selon certains membres du MODEM)
Europe Ecologie : Peut être “Contrat écologiste pour l’Europe” (Cherchez, nous n’avons pas pu trouver sur le site)
NPA : “Pas question de payer leur crise
Front de Gauche (PCF et PG) : “Pour changer l’Europe
Libertas (MPF et CPNT) : “Prenons l’Europe en main” (et qui propose en premier lieu une pétition pour supprimer … la Halde)

Edifiant, et … Motivant !!!

Mais comme ils le disent tous la main sur le coeur : “Plus que jamais, nous avons tous besoin de plus d’Europe” réponse au soir du 7 juin, du moins pour les candidats. Quant aux électeurs citoyens ….

Sources et crédits
Toute l’Europe
Ouest France
Parlement Européen
DECIL

Crédit image
L’Europe expliquée aux Européens
Benoît Du Peloux , Philippe Trétiack , Pierre Antilogus

Pour une Europe qui protège … Les industriels

Posted by slovar on 28/04/09

Pour une Europe qui protège et plus modestement “Quand l’Europe peut, l’Europe veut” ce sont les deux “remarquables” slogans que l’UMP a fait créer par des créatifs de comm. en petite forme (mais à quel prix ?)

Le ton est à la hauteur de l’engagement de l’UMP, puisque, même François Fillon a été obligé de reconnaître “que la constitution des listes UMP pour les élections européennes était “naturellement compliquée” en ajoutant : “Ce n’est pas simple parce que, dans nos partis politiques, il y a toujours une tentation à choisir ceux qui sont tous pareils, c’est assez naturel parce qu’un parti politique, ce n’est pas une représentation très complète de la société française

Et pourtant de temps en temps, nous avons des fulgurances comme celle du “gentil” Xavier Bertrand dans une interview à 20Minutes

.. / … On a trop longtemps souffert d’une Europe de technocrates, déconnectés de la réalité … / …

Etonnant non, comme propos lorsqu’on connaît la proximité entre le Président de la République avec José Manuel Barroso (le patron desdits technocrates que l’UMP soutien pour un deuxième mandat) et l’absence de jugement de cet ordre jusqu’à présent de la part de l’UMP. Par contre un emprunt à Philippe Le Jolis de Villiers de Saintignon fondateur du MPF et grand pourfendeur de la technocratie bruxelloise ne fait jamais de mal lorsqu’il faut aller à la pêche aux voix.

Pendant longtemps, dès qu’il y avait un problème, on disait que c’était à cause de l’Europe. Il faut apprendre à dire «grâce à l’Europe». On a évité la catastrophe financière grâce à l’Europe … / …

Alors là, c’est nouveau et ça amuse. Lorsqu’on sait que TOUS les pays de l’Union Européenne ont lancé leurs propres plans de sauvetage des banques et de relance alors que la commission européenne se contentait de menacer de représailles financières les pays qui apporteraient une aide directe à leurs entreprises, on croit rêver. Mais le “gentil” Xavier a certainement oublié

La Commission européenne veillera à ce que le plan français d’aide à l’automobile ne “puisse pas avoir d’effets collatéraux négatifs” pour d’autres pays de l’UE, a averti jeudi 12 février son président José Manuel Barroso en recevant à Bruxelles le Premier ministre français François Fillon .. / … le Commissaire européen aux Affaires économiques, Joaquin Almunia avait déclaré que la Commission européenne bloquera toute mesure protectionniste de la part des pays membres de l’Union. “Il faut refuser toute mesure protectionniste dans le domaine économique, social, financier

Mais aussi : “Le président de la Commission européenne affirme qu’il ne faut pas introduire «des distorsions dans la concurrence» dans le marché européen. En cause: les 10,5 milliards d’euros que Paris veut octroyer à six banques” Source Libération

Mais c’est vrai que depuis que Frédéric Lefebvre à déclaré que “Le journal Libération a perdu beaucoup de lecteurs. C’est devenu parfois une forme de tract” Xavier ne doit pas le lire, ou alors très vite pour ne pas être surpris par le porte parole et commissaire politique de son mouvement, ce qui explique cette méconnaissance des faits ….

Néanmoins, merci l’Europe …. pour sa participation active à la résorption de la catastrophe financière !

D’ailleurs, heureusement que nous avons des élections proches, qui nous permettent d’apprendre que : “L’Europe doit davantage protéger l’emploi. Il existe un fond d’ajustement à la mondialisation avec un plafond de dépenses de 500 millions d’euros par an. Seulement 67 millions ont déjà été utilisés, le reste dort dans un tiroir alors qu’on en a besoin … / …

Vraiment Xavier Bertrand à raison de dire : “Il faut apprendre à dire «grâce à l’Europe»” !!!!!

Et bien, fort de ces déclarations, celui dirige l’UMP a décidé de faire un geste important pour nous faire mieux aimer l’Europe “qui protège et qui peut quand elle veut

L’Europe qui protège» façon UMP se déclinera cette année sur 10 000 tee-shirts, 20 000 préservatifs et autant d’éthylotests” comme l’indique Le Figaro.

Bravo les mecs, provoquer le Pape et les alcooliers, ça c’est courageux !!! Mais en ce qui concerne la protection des consommateurs, il semble que l’UMP ait des “pudeurs de jeune fille” puisqu’on ne trouve pas trace de déclaration outragée sur la nouvelle directive des “technocrates” de Bruxelles la “directive de dérèglementation

Rappel sur le site de Novethic

Un projet de directive européenne portant sur une déreglementation des formats et des volumes d’emballages est entre les mains du parlement européen. Abrogeant toute norme existante, cette directive pourrait tout autant favoriser la diminution des emballages que leur multiplication.

Les directives qui norment les formats d’emballages datent du milieu des années 70. A l’époque, la grande diversité nationale des formats d’emballages est apparue comme un frein à la libre circulation des marchandises entre les membres de la communauté européenne et c’est pourquoi des règles communes ont été mises en place notamment pour les produits destinés à l’exportation. Depuis, de nombreux amendements ont modifié ces directives et, en 2000, un arrêt de la Cour européenne de justice concernant le “cassis de Dijon“, faisant jurisprudence, a permis de légaliser la commercialisation de tous les formats nationaux dans un autre état membre de l’Union.

‘est donc dans un souci à la fois de conformité avec les pratiques du marché et de prise en compte des évolutions des consommateurs, que la Commission Européenne propose une nouvelle directive abrogeant les deux précédentes “pour permettre une plus grande souplesse au bénéfice du consommateur et de l’industrie des produits de consommation.” Cela inclut les produits alimentaires mais aussi tout autre type de produits emballés comme les détergents, la laine, les peintures, etc… à l’exception du vin, des spiritueux, du café soluble et du sucre blanc pour lesquels les formes obligatoires resteront valables encore vingt ans.

Or comme l’écrit Jean Quatremer pour Libé : Il faut dire que, coïncidence heureuse, cette directive a été proposée par… le Néerlandais Fritz Bolkestein, (et oui, encore lui) le commissaire chargé du marché intérieur, pour qui « régulation » était un gros mot. « C’est la même logique que la directive service, celle de l’abandon de toute harmonisation
Et voila qu’au moment où les gouvernants et politiques des pays de l’Union appellent à la régulation dans beaucoup de domaines la commission certainement “travaillée au corps ” par les lobbies qui ont pignon sur rue et en réalité font la très grande majorité des directives “consommation” nous sort sa directive dérèglementation

Officiellement, cette réforme est mise en œuvre dans l’intérêt bien compris du consommateur. C’est pour son bien qu’elle le prive de repères, pour ainsi dire à sa demande. Il s’agit de « répondre à ses goûts » avant même qu’il les formule ; de « mieux l’informer », de « stimuler la concurrence », de « favoriser la transparence » Jusqu’à présent, le consommateur européen savait qu’il achetait son beurre en plaquette d’une demi-livre, son riz en paquets de 500 grammes et sa peinture en pots d’un kilo. Désormais, les fabricants peuvent présenter leurs produits pré-emballés dans les quantités qu’ils décident eux-mêmes. Par exemple 480 grammes de riz, 85 centilitres de peinture. Et même, à partir d’octobre 2012, des plaquettes de beurre de 240 grammes, voire 230 – il faudra bien regarder – Le blog Déchiffrages

Pour bien comprendre cette directive conçue dans ‘l’intérêt” des consommateurs, revenons en au blog de Quatremer

Faire ses courses va devenir un vrai casse-tête. Les plaquettes de beurre de 230 ou de 126,5 grammes, les conserves de petits pois de 320 ou 624 g, les tubes de dentifrice de 84 ou 135 millilitres, c’est pour bientôt. … / .. Il paraît que c’est pour «satisfaire les consommateurs qui demandent des paquets plus adaptés à leurs besoins», comme le martèle Ton Van Lierop, le porte-parole du commissaire européen à l’Industrie, Günter Verheugen. On peut avoir un gros doute : ne s’agit-il pas plutôt de rendre plus difficile toute comparaison de prix entre les produits, voire de permettre aux industriels de diminuer subrepticement la quantité par emballage sans baisser les prix ? Quinze grammes par ci, cinq centilitres par là, cela finit par faire de gros bénéfices … / …

Les Etats membres se sont donc entendus, en accord avec le Parlement, pour que la libéralisation n’intervienne que le 11 avril. Elle ne s’appliquera au lait, au beurre, aux pâtes et au café qu’à partir du 11 octobre 2012 et au sucre blanc à partir du 11 octobre 2013. Et le consommateur dans tout ça ? La Commission compte sur les Etats pour appliquer correctement une directive de 1998 prévoyant un affichage du prix au kilo ou au litre des produits, ce qui permettra de comparer les prix. Mais, pour l’instant, seules la France et la Finlande ont rendu cet affichage obligatoire pour les petits commerces. Et dans les supermarchés, il faut vraiment avoir de bons yeux pour lire les étiquettes en très petits caractères – Source Libération et Bruxelles blog

Du coup les industriels sont contents, le gouvernement va parler de pouvoir d’achat et les consommateurs, comme d’habitude vont se faire avoir …

Tout compte fait, le slogan de l’UMP n’est pas si mauvais puisque : “Quand l’Europe peut, l’Europe veut” …. mais, dans un soucis de “populisme” ils aurait pu le faire suivre de “l’Europe qui protège mon c..

Elections européennes : “Qui ne dit mot consent”

Posted by slovar on 20/04/09

Les français sont des gens étonnant ! Alors qu’ils sont unanimes pour condamner la politique du gouvernement, ils voteraient majoritairement pour les listes de … l’UMP

C’est Le Parisien qui nous l’apprend sur son site

Selon un sondage* OpinionWay réalisé pour Le Figaro et LCI, l’UMP conserve son avance dans les intentions de vote aux prochaines européennes de juin. Le parti de Nicolas Sarkozy est crédité de 28% des suffrages, contre 23% pour le PS. Le MoDem reste troisième avec 12% des voix, à deux points seulement des listes Europe Ecologie de Daniel Cohn-Bendit et José Bové. 7% des électeurs se porteraient vers le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) d’Olivier Besancenot. A droite, le Front national et Libertas, l’association du mouvement de Philippe de Villiers et des chasseurs, sont crédités respectivement de 6 et de 5% des intentions de vote.

Bon, OpinionWay et le Figaro nous ont bien souvent donné des résulats “agréables” à lire pour le pouvoir en place. Néanmoins, ce que le sondage n’indique pas ce sont les intentions de … se rendre aux urnes. et là mes amis, comme disait Brice de Nice : “ça casse

Le monde politique européen vit, à l’approche des élections européennes de juin prochain, une angoisse aux sueurs froides tant l’abstention s’annonce forte. Près de 70% de taux d’abstention prédisent les sondages. Historique ! Un vent de panique souffle sur le «bateau» Europe, comme le décrit bien Continental News

Plus de la moitié des Européens ne font pas confiance en leurs institutions. Le Parlement européen récolte à peine 45% d’indice de confiance et la Commission 42%. Face à un tel désintéressement des peuples européens à la chose politique et à l’importance de l’acte électoral, les états- majors des partis politiques paniquent et multiplient les réunions pour éviter la «débâcle». Ce ne sera pas facile, d’autant plus que les mêmes sondages indiquent que seuls 16% des personnes interrogées connaissent la date du vote.

Ce qui signifie en gros que les élus vont probablement l’être avec, au mieux, moins de 50% des votants.

Belle légitimité !!!

Pour ceux qui continuent à croire dans la politique de notre Président, nous leur offrons l’affiche officielle mise au point par l’UMP (avec votre argent ne l’oubliez pas).

Pas vraiment certain que ça donne envie à tous les autres. Nous espérons pourtant que ceux qui s’opposent à la politique menée par le Président, son gouvernement et sa majorité n’oublieront pas de se déplacer pour voter afin que ceux-ci ne puissent pas continuer à prétendre que sa “victoire” est la confirmation que les français approuvent sa politique.

Plus que jamais, en pensant au massacre du code du travail, au bouclier fiscal, à la précarité grandissante et à la colère qui monte, la phrase : “Qui ne dit mot consent” n’ a jamais été autant d’actualité !!!!

Elections européennes : Interview exclusive de Sandrine Bélier (Europe Ecologie)

Posted by slovar on 20/04/09

Il y a quelques jours, nous évoquions le sondage catastrophique concernant les taux de participation aux élections européennes de Juin prochain, et établissions un constat bien sombre :

L’Europe, l’Europe, l’Europe, … bien que sa construction continue de jours en jours, les sondages prouvent que les Français doutent souvent (pour ne pas dire de plus en plus) de son efficacité à les protéger de la crise économique, qu’elle se préoccupe plus de réglementations ou d’idées saugrenues comme la commercialisation de vin rosé fabriqué à base d’une mixture rouge/blanc que d’établir de vraies règles sociales et éthiques. La dernière intervention de la Commission interdisant au gouvernement français les aides financières à Renault en échange du rapatriement d’une partie de la production sur les sites français a été, dans le contexte actuel, source d’une nouvelle incompréhension et d’un divorce en cours entre les citoyens et ce que d’aucuns appellent la machine bruxelloise.

Il semblerait qu’un bon nombre de Français s’apprêtent à jouer les abstentionnistes et que d’autres profitent de ce scrutin, situé à mi-mandat de Nicolas Sarkozy pour jouer la sanction franco française. C’est dommage, mais à y regarder de plus près, alors que la date approche, peu d’électeurs sont au courant des projets des différents partis ou mouvements politiques. La difficulté pour les partis de gouvernement à constituer des listes, le choix de femmes ou d’hommes “punis” ou “résignés” par leur désignation prouvent, s’il en était besoin que devenir député européen ne réjouit pas les candidats … de premier plan. Il est certain que l’engouement des nombreux ministres à devenir tête de liste aux régionales inquiète quant à leur intérêt pour le projet européen et montre que nos “éminences” sont bien loin du rêve d’une Europe forte et unie qu’ils nous “vendent” tous les matins.

Dans la mesure où une grande partie des décisions concernant notre pays sont désormais prises par l’Union Européenne et que beaucoup de nos nouveaux textes législatifs sont des transpositions de directives que nos parlements se bornent à approuver, nous avons voulu, chez Slovar les Nouvelles, interroger des candidats à cette imminente élection. Nous avons envoyé plusieurs demandes d’interview par mail à différents candidats et avons reçuune seule réponse positive : Il s’agit de Sandrine Bélier : Tête de liste Grand Est du Rassemblement Europe Ecologie.

Bien que la sensibilité des rédacteurs de Slovar les Nouvelles ne soit pas tournée vers le mouvement écologiste, nous avons découvert que contrairement aux politiques que nous avions déjà interviewés sur Slovar, elle en avait, des choses à dire …

Nous vous donnons ci-dessous l’intégralité de cette interview

Slovar : Sandrine, Bélier, vous êtes tête de liste Grand Est du Rassemblement Europe Ecologie pour les prochaines élections européennes alors que vous n’êtes pas issue d’un parti politique et peu connue des électeurs. Pouvez-vous vous présenter?

Mon mode d’action et ma famille ce sont en effet les associations de protection de la nature et de l’environnement dans et pour lesquelles j’ai œuvré ces 12 dernières années. Mon outil, c’est le droit de l’environnement. Après des études de droit à Paris, puis à Strasbourg, et deux spécialisations l’une en droit de l’environnement et l’autre en droits de l’Homme, j’ai décidé de m’engager dans le combat associatif. En fait, tout est parti d’un stage pour le Conseil de l’Europe et l’Union internationale de conservation de la nature en 1996, pendant lequel j’ai pu mesurer, au niveau international, le rôle des ONG sur le terrain des thématiques négligées par les pouvoirs publics : l’environnement et les droits de l’Homme. J’avais envie de me rapprocher du terrain, de mener des combats pour la protection de l’environnement. C’est comme ça que j’en suis venue à signer un contrat emploi-jeune à Alsace Nature, en 1998. Ensuite, du local, très vite je suis revenue au terrain européen, notamment en menant des contentieux pour l’application de la directive européenne Natura 2000, en France et en Alsace.

Dès 2000, mon engagement s’est inscrit au niveau national, en tant que bénévole du réseau juridique de France Nature Environnement. J’ai commencé à écrire des articles pour des revues de droit de l’environnement et à dispenser des cours à la Fac. En 2001, j’acceptais les fonctions de directrice régionale d’Alsace Nature et un an plus tard, mon prêt étudiant remboursé, je reprenais un vieux projet qu’il me tenait à cœur de mener, faisant le lien entre droit de l’environnement et droits de l’Homme : des travaux de thèse de doctorat sur la démocratie participative et la préservation de la nature.

Alors que je passais à sa phase de rédaction, le Grenelle de l’environnement a été lancé. J’y ai vu une opportunité de faire passer dans la réalité, dans le droit positif, toutes les idées mûries depuis cinq années : donner aux citoyens et aux associations le moyen d’agir et de peser dans les décisions publiques et politiques en matière d’environnement.

Et c’est ce que j’ai défendu dans toutes les phases du Grenelle au nom de France Nature Environnement (FNE), la Ligue de protection des Oiseaux et la ligue ROC. En juin 2008, je prenais les fonctions de directrice fédérale de FNE. En décembre, au regard des plans de relance initiés par François Fillon pour répondre à la crise financière et économique, de l’incapacité de nos gouvernants à mesurer l’opportunité de mettre en œuvre les solutions dégagées par le Grenelle, de la faiblesse du relais politique à l’expression concertée de la société civile, je quittais FNE pour rejoindre le Rassemblement Europe Ecologie.

Slovar : Peut-on dire que le Grenelle a donc eu un rôle essentiel dans votre engagement politique…?

C’est indéniable, cela a en effet joué un rôle très important dans ma décision de rejoindre le Rassemblement Europe Ecologie. Imaginez les avancées faites au cours du Grenelle: des syndicats ouvriers au patronat, en passant par l’ensemble de la famille des écologistes, tous, nous nous sommes accordés sur des solutions de sortie de crise, sur l’urgence de refonder notre modèle de société à partir de solutions concrètes et durables, possibles à mettre en oeuvre, tant sur le court terme que sur le long terme. Ce sur quoi nous nous sommes entendus est simplement quelque chose d’inédit, d’unique. Les politiques devaient quant à eux prendre le relais. Et puis…

Slovar : Et puis?

Et puis, de deux choses l’une: devant cette absence de relais politique, soit vous abandonnez la partie, soit vous défendez ce à quoi vous croyez, ce sur quoi l’ensemble des acteurs sociaux et économiques présents s’étaient entendus. C’est la voie que nous avons choisi avec, pour ne citer qu’eux, Yannick Jadot (Greenpeace) et Jean-Paul Besset (Fondation Nicolas Hulot), également acteurs du Grenelle. Notre sentiment était alors – et il le reste – que si nous ne montions pas au créneau, aucun grand parti traditionnel ne le ferait. Or il y a urgence. Si rien ne change, c’est, sans aucune exagération, droit dans le mur que nous allons.

Slovar : Est-ce ce constat qui aurait donné naissance au Rassemblement Europe Ecologie?

Il n’y est en effet pas étranger. Et c’est sans doute là qu’il puise sa plus grande force. Europe Ecologie ce ne sont pas seulement les Verts, le parti historique de l’écologie politique. Ce sont les Verts réunis avec des acteurs des grandes formations écologistes, des acteurs de l’économie sociale et solidaire, des personnalités de la société civile, des citoyens non encartés, membres de très nombreuses associations, des gens qui travaillent au quotidien à l’amélioration de notre société.

Ce Rassemblement ce sont des citoyens, venus de tous les horizons, animés par une même urgence et une même volonté de changement. Ce sont des gens qui proposent, qui portent un véritable projet de société pour les années à venir. Un projet qui apporte des réponses combinant systématiquement approches économique, sociale, environnementale et démocratique. Il faut arrêter de faire croire aux gens que ces trois piliers sont différents, qu’ils peuvent être traités séparément. L’économique rejaillit sur le social et l’environnement, l’environnement sur le social et l’économique, et ainsi de suite. Vous ne pouvez pas traiter l’un pendant que vous mettez sous clé les autres. Qui dit crise globale, dit réponses responsables, soit globales.

Slovar : Globale qui impliquerait des réponses plus européennes que locales … ?

Oui. Car si je suis convaincue que l’action est indispensable et utile à toutes les échelles du territoire, de la commune en passant par la région, jusqu’aux décisions nationales, il est évident que les solutions à la crise sans précédent que nous connaissons aujourd’hui ne peuvent être qu’européennes. Penser ou dire le contraire, arguer du protectionnisme national dans la période que nous connaissons est simplement mensonger et suicidaire !

Slovar : Vous ne pensez-pas que vous y allez un peu fort en utilisant les termes “mensonger” et “suicidaire” ?

Peut-être, mais comment voulez-vous qu’il en soit autrement? Il y a un moment où il faut bien appeler “un chat”, “un chat” et cesser la politique de l’autruche.

Le projet que nous portons avec le Rassemblement Europe Ecologie est un changement de société, pour une société plus juste, plus solidaire et plus écologique, pour une sortie de crise par le haut. Et cela ne peut, dans le contexte actuel, de toute évidence se concevoir qu’à l’échelle européenne.

Vous savez, mon expérience dans le domaine de l’environnement m’a toujours rappelé que la nature et les pollutions ne connaissent pas les frontières administratives nationales. Allez expliquer à un oiseau migrateur ou au nuage de Tchernobyl qu’ils doivent s’arrêter au Rhin, côté allemand, parce que la France ne respecte pas les périodes de chasse ou qu’elle n’assume pas les risques de sa politique énergétique du tout nucléaire. Allez leur dire… C’est une évidence que d’affirmer que notre avenir se jouera à l’échelle de l’Union Européenne et les cinq prochaines années seront primordiales. Et c’est en effet mensonger et suicidaire que de soutenir l’inverse.

Slovar : Le Rassemblement Europe écologie, est actuellement crédité de 9% des intentions de vote, contre 11 % puis 7 % au cours des mois précédents. Ne croyez-vous pas que l’écologie politique reste mal perçue par les Français ?

Je crois surtout que c’est la classe politique qui est mal perçue par les Français et nos partis politiques traditionnels en sont responsables. Il n’y a qu’à voir de quelle manière le PS, le MoDem ou l’UMP abordent les élections européennes : pour les uns, les élections européennes sont les prémisses de la campagne présidentielle de 2012, pour les autres une punition d’être éloignés des fastes du pouvoir parisien, quand les deux ne sont pas cumulés.

Je trouve cela désespérant et indécent pour les citoyens français, si vous voulez mon sentiment. Comme cela semble être parti, il n’y a que Europe Ecologie qui va mener une campagne honnête pour ces élections européennes en parlant de l’Europe et en portant de vraies solutions pour sortir de la crise, pendant que les partis traditionnels nous parlent de leurs luttes intestines et nous rejouent les vieux films du référendum de 2005 ou de l’élection de 2007. Je trouve ça indigne et irresponsable face aux attentes légitimes des citoyens qui souffrent plus que jamais d’une crise qui s’amplifie depuis plusieurs années. Quant à l’écologie politique, je ne crois pas qu’elle soit mal perçue par les Français. Elle est avant tout mal comprise.

Slovar : Mais encore ?

Ce que j’entends par-là est que cela fait longtemps que l’écologie politique n’est pas seulement, comme certains voudraient encore le faire croire, la défense des petites fleurs, des oiseaux et le combat contre le nucléaire … Nous avons un projet qui concilie les impératifs économiques, sociaux et environnementaux. Nous avons une approche réaliste, un projet réalisable et le seul qui assure un avenir durable qui ne se limite pas à une période de 2 à 5 ans …

Europe Ecologie, c’est aussi une nouvelle offre politique qui n’hésite pas à prendre le contre-pied des habitudes politiques françaises qui veulent faire croire que tout ira mieux demain en ne faisant rien ou en continuant comme on l’a toujours fait.

L’écologie politique, aujourd’hui, c’est le contraire de ceux qui mettent du vernis sur des ongles sales ou des pansements sur une jambe de bois. Nous regardons la réalité bien en face, nous la prenons à bras le corps, nous sommes force de proposition pour impulser le changement. Notre projet s’inscrit dans le moyen et le long terme pour permettre à chacun de pouvoir se projeter dans l’avenir.

Slovar : L’avenir, justement, c’est aussi celui de milliers de salariés de plus en plus précarisés ou de demandeurs d’emplois dont la liste ne cesse de s’allonger. Les écologistes proposent de créer des milliers d’emplois en ayant recours notamment aux économies d’énergies et au développement des énergies nouvelles. Très bien mais cela prendra du temps. Que proposez-vous dans l’immédiat à ces personnes?

Je vais être directe avec vous. Tout d’abord, la création d’emplois va au-delà du secteur énergétique; ensuite, il est inexact de dire que ces créations d’emplois vont demander des années.

Nous sommes particulièrement conscients qu’il est important de répondre dans l’urgence aux personnes dont les emplois sont menacés et à l’ensemble de celles qui se retrouvent aujourd’hui sans emploi. Mais ces réponses doivent s’inscrire dans la durée. Autrement, elles n’ont pas de sens et ne contribuent qu’à entretenir des situations de précarité pour les salariés.

Voulez-vous vraiment que l’on reproduise les mêmes erreurs – dramatiques sur le plan humain et social – que celles commises par les partis traditionnels dans leur gestion de la crise sidérurgique dès 1979 ?

Une fois encore, nous avons un devoir d’honnêteté et une véritable responsabilité face aux salariés qui sont aujourd’hui dans la crainte de perdre leur emploi à plus ou moins long terme. Europe Ecologie propose un “Bruxelles de l’emploi” pour répondre rapidement à la crise.

Nos propositions de conversion de l’industrie automobile, de la manière de concevoir, construire ou rénover des logements, de concevoir de nouveaux modes de déplacement au niveau européen, tous ces projets existent, sont dans les cartons et offrent pour le coup, la possibilité de millions d’emplois pérennes.

Slovar : Reste l’argent … Comment envisagez-vous de le trouver ?

Mais l’argent est là aussi ! On l’a bien trouvé pour renflouer des banques sans contrepartie! On l’a bien trouvé pour mettre le secteur automobile sous perfusion comme on l’avait fait avec la sidérurgie et sans conditionnalité sociale et environnementale ! Ce n’est pas l’argent qui est un obstacle comme on tente de nous le faire croire depuis des années.

Ce qui manque, c’est la volonté et le courage politiques de penser l’économie différemment, et de reconnaître que les choix d’hier sont périmés. Vous savez, l’économie verte ne se réduit pas à la création d’emplois verts stricto sensu. Elle englobe la reconversion de secteurs entiers de l’économie permettant à la fois de maintenir nombre d’emplois existant et d’en créer de nouveaux.

Les dix millions d’emplois verts que nous proposons de faire surgir en 10 ans ne sont donc qu’une partie des emplois créés par le New Deal écologique et social européen. Les secteurs qui vont croître avec la lutte contre le changement climatique et le remplacement des énergies fossiles (énergies renouvelables, transports doux, efficacité énergétique des bâtiments et des modes de production industriels…) sont plus productifs que les secteurs appelés à décroître dans leur forme actuelle, comme la production et la distribution d’énergies fossiles ou la construction automobile ou aérienne.

L’agriculture biologique et de qualité est également plus créatrice d’emplois que l’agriculture conventionnelle, de même que l’entretien, la réparation et le recyclage des biens produits constitue un gisement d’emplois plus important que le système du tout jetable.

Slovar : Vous avez fait mention du secteur automobile, particulièrement touché aujourd’hui. Est-ce là un chantier à court terme ?

Oui, nous sommes bien sur un plan à court terme, sur une priorité. Je vous le confirme: le premier contrat de conversion industrielle de l’économie européenne devra concerner l’automobile.

Slovar : Pourquoi celui-ci en particulier?

Parce qu’il aura un effet d’entraînement massif pour le reste de l’industrie. La construction automobile n’est qu’un des secteurs touchés par la crise, mais la voiture jouant un tel rôle dominant dans l’organisation de la société et l’imaginaire collectif, l’impact de sa transformation aura valeur d’exemple pour tous les autres secteurs.

Ce que nous proposons c’est de conditionner tout soutien public à la construction automobile (Europe, Etat, collectivités locales) à des critères environnementaux et sociaux contraignants qui favoriseront la conversion du secteur avec un volet “sécurité de l’emploi et formation”.

Il s’agit notamment de garantir une indemnisation forte du chômage partiel avec possibilité de formation professionnelle pour les salariés des métiers de la mobilité, soit de garantir le maintien des droits sociaux et du revenu des salariés en leur assurant un emploi sur un long terme.

L’argent public ne doit profiter au secteur automobile que s’il réduit, radicalement et dès aujourd’hui, son impact sur l’environnement et le climat pour assurer une “transition vers la voiture sobre”, moins polluante mais aussi et surtout moins consommatrice en pétrole et donc moins coûteuse pour les usagers.

Nous proposons d’accompagner la transition de l’industrie automobile et dans le même temps de développer une “politique commune de la mobilité et des transports” pour développer les moyens de transports moins coûteux pour les ménages et pour l’environnement (transports collectifs, les camions sur rails, etc…).

Slovar : Selon Daniel Cohn-Bendit et vous-même, de nombreux autres secteurs d’activité, devraient profiter d’une “conversion de l’économie par l’écologie“. Sur le papier c’est séduisant mais les emplois qui s’y rattacheraient ont-ils déjà été chiffrés ?

Oui. A long terme, cette fois, de multiples études officielles et indépendantes permettent de fixer les ordres de grandeur pour l’Europe des 27, à l’horizon 2020. L’objectif de 30% d’agriculture biologique pourrait ainsi permettre la création de 1,5 million d’emplois dans l’agriculture. Un plan de rénovation énergétique des bâtiments – avec un objectif de réduction par quatre des émissions à effet de serre – pourrait créer un autre million d’emplois. L’objectif de 20% d’énergies renouvelables créerait lui aussi un million d’emplois. Les transports durables devraient permettre la création de 3,5 millions d’emplois.

Le recyclage et une gestion améliorée des ressources primaires pourraient créer 500.000 emplois. La recherche et développement dans les domaines de l’environnement, de même: 500.000 emplois. L’aménagement des territoires et des villes, le tourisme vert, la gestion de la biodiversité, aidés par les fonds structurels européens, pourraient créer 650.000 emplois. Le développement des services à la personne, la réparation, l’artisanat pourraient créer 2 millions d’emplois. Un des leviers essentiels pour la création des emplois réside dans l’adoption d’un statut du tiers secteur, créateur d’emplois d’utilité sociale, culturelle et environnementale (crèches, aides aux personnes âgées, éducation à l’environnement, protection et entretien des espaces naturels, réparations…), et le soutien à l’économie sociale et solidaire.

Slovar : Reste que cette conversion implique une “moralisation” de l’économie de marché… Vous la croyez possible ?

Transformer l’économie par l’écologie, ce n’est pas moraliser un système économique qui a fait la preuve de son impuissance à protéger l’humain et la planète, et qui nous conduit dans le mur. Transformer et convertir l’économie à l’écologie, c’est revenir à la raison, c’est en finir avec l’exploitation abusive de l’homme et de la nature, c’est en finir avec un vieux modèle pour en développer un nouveau plus respectueux, plus protecteur, plus durable, plus viable et plus enviable.

C’est remettre l’humain au cœur de notre projet de société et en finir avec la société de l’«Avoir» pour passer à la société de l’«Etre», du mieux être… Alors non, je ne pense pas qu’il s’agisse de moraliser ou de réhabiliter un système économique condamnable en tous points: il s’agit maintenant de passer à autre chose. L’ère post-industrielle et l’ère du néo-libéralisme doivent laisser la place à l’ère écologiste et humaniste.

Slovar : Sur un plan très politique cette fois, Daniel Cohn-Bendit, a récemment déclaré: “Pas question de se laisser entraîner dans un combat franco-français pour ou contre la politique de Sarkozy. La réponse n’est pas nationale mais européenne“. Ne pensez-vous pas que les Français sont désabusés et voient l’Europe et sa construction comme une machine à réglementation dont les yeux sont exclusivement fixés sur la concurrence et la libre circulation des marchandises et des capitaux?

Commençons peut-être déjà par être honnête intellectuellement, surtout quand on fait de la politique. Nous sommes en campagne pour des élections européennes. Notre objectif est de faire le meilleur score le 7 juin prochain pour obtenir le plus grand nombre possible de députés au Parlement européen de Strasbourg. Pas à l’Assemblée nationale, j’insiste. Au Parlement de Strasbourg!

Cette question est fondamentale, parce que du résultat de ce vote dépendra la constitution de la majorité politique du Parlement européen. Du choix de cette majorité dépendra le choix du président du Parlement mais aussi de celui de la Commission européenne. Avouez que ce n’est quand même pas rien. On ne joue pas une troisième mi-temps de la présidentielle française. On joue notre avenir commun. On joue la mise en place d’un projet de société défendant les intérêts présents et futurs des citoyens français et européens.

Comprenez bien que l’Europe néo-libérale que nous avons aujourd’hui est l’Europe d’une majorité et de choix politiques faits par cette majorité européenne. Que le président de la Commission est lui-même co-opté par cette majorité. Cette majorité, aujourd’hui, c’est celle du Parti Populaire Européen (PPE) et de l’UMP de Nicolas Sarkozy. Cette majorité c’est aussi celle au sein de laquelle siègeront les élus du MoDem, via les alliances existant entre le groupe des libéraux (ADLE) au sein duquel ils siègeront, et le PPE.

Cette majorité est celle permise par l’absentéisme des élus socialistes au parlement (PSE). Cette majorité, c’est celle-là même qui a choisi, tout au long de cette mandature, de soutenir la Commission européenne et son président José Manuel Barroso.

Le 7 juin, nous n’élisons pas simplement des députés, nous donnons une orientation cruciale à l’Union pour les cinq prochaines années, et au-delà. La question que nous devons dès lors nous poser est: voulons-nous continuer à cautionner des politiques qui nous conduisent droit dans le mur ou voulons-nous faire entendre notre voix et porter et appliquer un autre projet de société. C’est ça qui se joue le 7 juin.

Slovar : Dans la continuité de vos propos, les députés européens Verts sont justement à l’origine d’une campagne “Stop Barroso!“, contre la réélection du président de la Commission européenne. En êtes vous solidaire et pensez-vous sincèrement que celle-ci ait la moindre chance d’aboutir ?

Oui, je suis solidaire de ce slogan, bien évidemment. “Stop Barroso!” est un slogan contre tous ceux qui gèrent notre économie depuis des décennies en louant ses bons résultats, en jurant il y a encore un an que jamais une crise de l’ampleur de celle que nous vivons ne pourrait arriver, et qui aujourd’hui découvrent les bienfaits de l’interventionnisme d’Etat avant, très certainement, d’en revenir à leurs bonnes vieilles habitudes une fois les regards détournés.

“Stop Barroso!”, c’est dire “stop au néo-libéralisme”, à un système prédateur et destructeur de l’homme et de la planète. C’est dire “stop!” à tous ces irresponsables qui n’ont pas vu venir la crise et qui sont aujourd’hui en incapacité de reconnaître leurs erreurs. Comment peut-on encore faire confiance et donner les manettes du pouvoir à des politiques qui nous ont conduit droit dans le mur et refusent encore tout changement de modèle de développement?

A la question “cette campagne a-t-elle des chances d’aboutir?“, ce n’est pas à moi de vous répondre, pour une raison simple: c’est ensemble que nous pourrons dire “stop!”, c’est ensemble que nous pourront changer les choses. Et cela passe par les élections européennes du 7 juin prochain.

Slovar : Pour conclure cet entretien, que diriez-vous justement aux Français pour les convaincre définitivement de reprendre en main leur avenir européen en vous rejoignant le 7 juin? Que leur diriez-vous pour leur redonner envie d’Europe?

Je voudrais partager avec eux un rêve européen qui n’aurait pas à rougir du rêve américain. Je voudrais leur dire : si vous n’imaginez pas encore le pouvoir de l’écologie … Imaginez la force et la puissance de 27 Etats unis et coordonnés pour une action commune face à la crise financière, économique, sociale, énergétique, climatique, alimentaire et écologique … Imaginez les efforts que pourrait faire la France multipliés par 27 … Imaginez une Europe où la liberté de circulation n’est plus seulement celle des marchandises et des capitaux, mais la liberté de circulation des idées, des innovations, des savoirs, de la culture, des personnes, des travailleurs et des étudiants…

Imaginez une Europe économique qui deviendrait une Europe politique, une Europe sociale et écologique, une Europe qui protège, une Europe qui assure l’avenir… Une Europe qui assure un salaire minimum à chacun, la possibilité de se former pour faire face aux métiers de demain et qui impose un salaire maximum …

Imaginez une action coordonnée de 27 Etats qui garantisse à tous ses citoyens le respect de ses droits fondamentaux et le respect de la dignité humaine …

Imaginez le secteur automobile et tous les secteurs industriels coordonnés à l’échelle de 27 Etats, où les mêmes règles de protection des salariés et normes environnementales s’appliquent pour opérer une mutation vers une économie écologique dans une perspective de plusieurs décennies …

Imaginez 27 Etats qui décident ensemble de tout changer pour peser mondialement en faveur de la paix, de la lutte contre le changement climatique et la crise écologique, de la protection de notre patrimoine naturel, d’un travail et du mieux vivre pour tous. Imaginez. Tout cela est possible est c’est le projet d’Europe d’Europe Ecologie ! Tout cela est possible: cela passe par un vote: le 7 juin. Pas le 8 ou le 9, mais le 7 juin prochain.

Merci Sandrine de nous avoir accordé cette interview et bonne chance pour le 7 juin

Quelques articles sur et de Sandrine Bélier:

Hadopi : la majorité est restée bloquée au Minitel
De Tati à Tati… de Hulot à Hulot… d’une génération à une autre
Grenelle de l’environnement : des préjugés sont tombés – Vivagora
Grenelle in & off

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A cinq mois des élections, la campagne est déjà lancée pour le Rassemblement Europe-Ecologie
Sans nature, pas de futur

En savoir plus:
Europe Ecologie
Europe Ecologie : Sandrine Bélier
Facebook : Sandrine Bélier

Europe Sociale : La fin du travail sans fin ?

Posted by slovar on 17/12/08
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Chez Slovar, nous ne l’avons jamais caché, nous ne sommes pas des eurobéats. En effet, sans faire partie du clan des eurosceptiques, nous sommes souvent critiques (a juste titre) sur les directives émises par la commission européenne qui est trop souvent la chambre d’enregistrement des demandes des lobbies d’employeurs comme Business Europe.

temps-de-travail.jpg
A tel point que nous avions fini par nous demander si le parlement européen (dont les citoyens vont renouveler les députés l’année prochaine) servait vraiment à quelque chose. L’accident Rama Yade (qui ne veut pas être tête de liste UMP pour les prochaines européennes) a d’ailleurs renforcé un peu plus notre opinion : Siéger à Strasbourg est une corvée et certainement pas un privilège.

Aussi, lorsqu’on apprend que des députés européens se sont battus et ont gagné contre une des plus grandes régressions sociales que l’Europe ait pu envisager, on se dit que finalement en 2009 on va regarder de près qui sont les candidats et quels sont leurs programmes.

Mais, de quel combat s’agit-il ?

Le député socialiste Espagnol Alejandro Cercas a présenté un rapport qui améliore les conditions de vie professionnelles et familiales pour des millions d’européens en limitant entre autre le nombre d’heures de travail à 48h par semaine et en mettant fin au régime de dérogation du principe de l’opt-out trois ans après l’entrée en vigueur de la directive. Le temps de garde, même inactif, devrait être considéré comme du temps de travail.

Op out késako ?

Article 18 de la directive 93-104 “ opt out ”
“ Dispositions finales

1. a) Les États membres mettent en vigueur les dispositions législatives, réglementaires et administratives nécessaires pour se conformer à la présente directive au plus tard le 23 novembre 1996 ou s’assurent, au plus tard à cette date, que les partenaires sociaux mettent en place les dispositions nécessaires par voie d’accord, les États membres devant prendre toute mesure nécessaire pour pouvoir à tout moment garantir les résultats imposés par la présente directive. (Durée maxima hebdo de 48 h)

b) i)Toutefois, un État membre a la faculté de ne pas appliquer l’article 6 tout en respectant les principes généraux de la protection de la sécurité et de la santé des travailleurs et à condition qu’il assure, par les mesures nécessaires prises à cet effet, que:

- Aucun employeur ne demande à un travailleur de travailler plus de quarante-huit heures au cours d’une période de sept jours, calculée comme moyenne de la période de référence visée à l’article 16 point 2, à moins qu’il ait obtenu l’accord du travailleur pour effectuer un tel travail,
- Aucun travailleur ne puisse subir aucun préjudice du fait qu’il n’est pas disposé à donner son accord pour effectuer un tel travail,
- L’employeur tienne des registres mis à jour de tous les travailleurs qui effectuent un tel travail,
- Les registres soient mis à la disposition des autorités compétentes qui peuvent interdire ou restreindre, pour des raisons de sécurité et/ou de santé des travailleurs, la possibilité de dépasser la durée maximale hebdomadaire de travail,
- L’employeur, sur demande des autorités compétentes, donne à celles-ci des informations sur les accords donnés par les travailleurs pour effectuer un travail dépassant quarante huit heures au cours d’une période de sept jours, calculées comme moyenne de la période de référence visée à l’article 16 point 2.

Avant l’expiration d’une période de sept ans à compter de la date visée au point a), le Conseil, sur la base d’une proposition de la Commission, accompagnée d’un rapport d’évaluation, réexamine les dispositions du présent point i) et décide des suites à y donner.

Ce qui signifiait que l’Europe envisageait de permettre de travailler 60 h hebdomadaires, (pendant que la Corée du sud a lutté 25 ans pour baisser la durée du travail de 55 h à 40 h – Source : A ceux qui veulent comprendre l’opt out – Comment passer de 48 à 65 h maxima hebdomadaire – Gérard Filoche

L’un de ceux qui ont défendu et voté pour ce rapport s’appelle Jean-Louis Cottigny.

M Cottigny est député européen socialiste et vice-président de la commission emploi et affaires sociales. La majorité des français ignorent ce nom et pourtant l’homme n’est pas un débutant. Son parcours personnel ne manque d’ailleurs pas d’intérêt.

Jean-Louis Cottigny est né le 12 septembre 1950 à Hesdin. Il est un homme politique français membre du Parti Socialiste, présent à son conseil national depuis 1990. Il a été secrétaire national aux entreprises. Ouvrier, puis assistant régional (1970-1989), il a également été président du conseil de prud’hommes du tribunal d’Arras.

Il est autodidacte. Il a été conseiller au secrétariat d’état au logement, chargé des aires d’accueil pour les gens du voyage, de 2001 à 2002. Député européen une première fois, en remplacement de Bernard Kouchner, démissionnaire en 1997, il ne s’était pas représenté en 1999. Il est redevenu Député européen en 2004.

En termes de défense des droits sociaux, il prend les choses au sérieux puisqu’il était au premier plan de la bataille sur la directive services dite BOLKESTEIN

Strasbourg, le 16 février 2006

J’étais présent ce jour dans l’hémicycle pour participer, avec les socialistes français, au vote sur la directive services dite BOLKESTEIN qui a été adoptée par 394 voix contre 215 avec 33 abstentions.

Aujourd’hui, ce que je peux dire en sortant de cette longue séance de vote qui a duré plus de trois heures, c’est que nous n’avons pas fait un pas en avant sur la voie de l’Europe Sociale.

Certes, le principe du pays d’origine n’est plus formellement inscrit dans le texte, mais il n’y est pas remplacé par le principe du pays de destination, cela laisse donc un vide juridique dans lequel pourra s’engouffrer la Cour de Justice européenne. Les compromis qui ont pu être obtenus, sont effectivement une victoire de la gauche et du mouvement social, mais ils ne sont pas suffisants, les services publics par exemple ne sont pas complètement exclus de la nouvelle directive, l’éducation, la recherche, la culture, les services postaux, la gestion de l’eau sont encore ouverts à concurrence.

Si une partie des travailleurs salariés est protégée par cette nouvelle version de la directive, il n’en est pas de même pour les travailleurs indépendants sur lesquels un accord avec la droite s’est avéré impossible, on peut légitiment craindre de voir apparaître dans le futur de “faux indépendants” travaillant en réalité pour des employeurs étrangers!

Nous ne sommes pas à l’abri avec ce texte de voir s’encourager le dumping social dans certaines branches, une fois de plus ce seront les salariés les premiers touchés. Nous devons nous mobiliser pour préparer le retour de cette directive en deuxième lecture. L’Europe Sociale à laquelle j’aspire aujourd’hui ne reste que des mots, sa construction sera encore longue.”

Mais pour en revenir au temps de travail dans l’Union européenne, qu’ont obtenu Jean-Louis Cottigny et les eurodéoputés qui ont soutenu le rapport d’Alejandro Cercas ?

C’est Jean-Louis Cottigny qui nous commente les résultats :

La position du rapporteur s’écarte ainsi diamétralement de celle du Conseil sur trois point principaux :

- Le maintien du principe de l’”opt-out” (clause de renonciation): La position commune du Conseil entend essentiellement étendre le recours à l’”opt-out” individuel pour les Etats qui souhaitent déroger au principe de la durée maximale hebdomadaire de travail de 48h/semaine. Des limites sont posées à l’opt-out avec une durée maximale de 60h/semaine sur une période de trois mois, ou de 65h/semaine en l’absence d’accords collectifs. “Même pour les pays où aucune réglementation n’existait, je ne pourrai pas regarder les ouvriers de ces pays dans les yeux et leur dire que 65 heures par semaine serait un progrès social”, estime Jean-Louis Cottigny. “Alors que le chômage menace les ouvriers en ces temps de crise économique, il serait stupide de les faire travailler 65 heures par semaine”, ajoute t-il.

? Par contre, le rapport Cercas voté proposait le retrait de l’opt-out, 36 mois après l’entrée en vigueur de la directive, et prévoyait une durée moyenne hebdomadaire de travail de 48 heures. “La suppression de ce régime de dérogation est une grande victoire pour les socialistes et le monde du travail”, déclare Jean-Louis Cottigny.

- la définition du temps de garde: La position commune du Conseil établit que les périodes inactives du temps de garde ne devraient pas être considérées comme du temps de travail au sens de la directive, à moins que la législation nationale ou des conventions collectives n’en disposent autrement. “Ces mesures menacent la santé des médecins et autres travailleurs qui ont des fonctions en période de repos, voire celle des patients et personnes tierces Qui souhaiterait confier un proche pour une intervention médicale à un médecin qui sort de 20 heures de garde sans aucun temps de repos? Pas moi en tous cas.”", précise Jean-Louis Cottigny.

Jean-Louis Cottigny a donc participé mardi 16 décembre à Strasbourg, à la veille du vote, aux côtés d’autres collègues socialistes français et européens, à la manifestation organisée par la Confédération européenne des Syndicats (CES) et l’Organisation européenne des médecins, pour le renforcement de la législation européenne sur le temps de travail.

? Le compromis Cercas demandait le respect des arrêts de la Cour de Justice pour qui les périodes inactives de temps de garde constituent du travail dans leur totalité.

Jean-Louis Cottigny se félicite de l’adoption de cet amendement.

- les périodes de repos compensateur: La position du Conseil prévoit qu’il appartient aux Etats membres de déterminer la durée de délai raisonnable dans lequel un repos compensateur est attribuée.

? Le compromis Cercas prévoyait que des périodes de repos compensateur soient accordées aux travailleurs qui n’ont pas pu prendre des périodes de repos normales après des périodes de service. Et ce compromis a également été adopté.

Petite victoire diront certains. Lorsqu’on sait qu’il faut batailler contre une Commission Européenne ultra libérale et les us et coutumes de 27 pays adhérents à l’union pour obtenir quelque chose, nous dirons que c’est un exploit. Cet exploit, nous le devons en partie à des élus socialistes pour qui les problèmes d’égo et de carrière sont secondaires et qui honorent leur mandat d’Euro députés. Il leur faudra néanmoins rester vigilants car la contre attaque des lobbies soutenus par leurs parlementaires habituels sera certainement rapide.

Aujourd’hui, notre Président de la République évoquait et mettait en cause à l’Ecole polytechnique à Palaiseau notre “modèle de reproduction sociale” qui serait responsable de la panne de notre modèle d’intégration. Nous attirons son attention sur le fait que des élus autodidactes et ouvriers comme Jean-Louis Cottigny sont très très loin d’être la norme et que les partis politiques à commencer par l’UMP, pourraient donner l’exemple de cette diversité sociale.

Comment parler de la République quand la réussite scolaire et l’avenir professionnel dépendent non de l’intelligence, du courage, de l’ardeur au travail mais beaucoup du milieu social d’où l’on vient, des quartiers où l’on habite, de nom que l’on porte, de la couleur de sa peau?” a déclaré Nicolas Sarkozy – Source Le Figaro

Nous aurons plaisir à vérifier si les listes UMP constituées pour les prochaines élections européennes intègrent bien (en position éligible) des candidats dont l’avenir professionnel dépend non de l’intelligence, du courage, de l’ardeur au travail mais beaucoup du milieu social d’où l’on vient, des quartiers où l’on habite, de nom que l’on porte, de la couleur de sa peau. Car si l’on s’en réfère à l’actuelle assemblée nationale, on ne trouve (tous partis confondus) qu’un ouvrier contre 39 avocats et 36 hauts fonctionnaires – Source Assemblée Nationale

La République, “ce n’est pas un modèle figé pour l’éternité. Ce n’est pas l’immobilisme, le conservatisme“, a-t-il poursuivi. Il n’y pas de “République réelle” sans “volontarisme républicain“.

Rendez-vous le 7 juin 2009 pour éventuellement rappeler ces paroles à notre Chef de l’Etat au cas ou les listes de sa majorité serviraient essentiellement à “placer” des ministres sortants, des battus du suffrage universel en France ou des amis politiques cumulards.

Nous aurons plaisir dans le cas contraire à saluer son “volontarisme républicain

Le peuple est souverain … sauf quand l’Union n’est pas d’accord avec lui

Posted by slovar on 01/12/08

La démocratie est semble t-il l’élément fondateur de l’Union européenne.

En effet, il faut savoir que dans les critère d’adhésion à l’Union, celle-ci est un des 3 critères incontournables

L’adhésion à l’Union européenne est soumise à des conditions strictes et implique que les États candidats respectent de nombreuses obligations.

Les États candidats doivent satisfaire à 3 critères avant le début des négociations effectives : … – Disposer d’institutions stables garantes de la démocratie, de l’état de droit, des droits de l’homme, du respect et de la protection des minorités ;

Disposer d’une économie de marché viable et d’un potentiel suffisant pour faire face aux pressions concurrentielles et aux forces de marché qui s’exercent au sein de l’UE ;

Être en mesure, à la date de l’adhésion, de respecter les obligations en découlant et notamment adopter les objectifs de l’Union politique, économique et monétaire. C’est ce que l’on appelle en jargon la reprise de l’acquis communautaire. En conséquence, les nouveaux États membres doivent transposer en droit national l’ensemble de la législation européenne en matière sociale, économique et environnementale et en garantir l’application effective - Source European Works Council

Le mot démocratie étant l’un des plus utilisés voir “usé” par les décideurs politiques, il nous a semblé bon d’en donner une définition. Il s’agit de la définition trouvée sur le site de l’Université de Sherbrooke au Québec

Démocratie : Étymologie : de dêmos*, « peuple » et kratos, « puissance », « souveraineté ». Régime politique fondé sur le principe que la souveraineté appartient à l’ensemble des citoyens , soit directement (par des référendums) soit indirectement par l’intermédiaire de ses représentants élus. Les élections doivent se tenir au suffrage universel, de façon régulière et fréquente («Free, fair and frequent elections» Robert Dahl).

La démocratie suppose l’existence d’une pluralité d’options et de propositions, généralement incarnées dans des partis et des leaders ayant la liberté de s’opposer et de critiquer le gouvernement ou les autres acteurs du système politique. Une démocratie existe donc qu’en autant qu’on y trouve «une organisation constitutionnelle de la concurrence pacifique pour l’exercice du pouvoir» (Raymond Aron) . La démocratie exige aussi que les grandes libertés soient reconnues : liberté d’association, liberté d’expression et liberté de presse. Juridiquement, une démocratie s’inscrit dans un État de droit ; culturellement, elle nécessite une acceptation de la diversité.

Jusque là, me direz-vous, rien que de très normal ou logique. Les peuples sont souverains et leurs décisions ne peuvent être remises en cause.

Et bien, l’Union Européenne qui nous le disions plus haut est garante de cette démocratie est en train de nous inventer une nouvelle version de celle-ci : Le peuple est souverain sauf quand l’Union n’est pas d’accord avec lui.

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Une dépêche de l’agence Reuters nous apprend que :

Aucun obstacle juridique ne s’oppose à la tenue d’un référendum, soit précisément sur la même question que celle posée au référendum du 12 juin dernier, soit sur une variante”, lit-on dans les conclusions d’une sous-commission, composée de représentants de divers partis politiques, sur l’avenir de l’Irlande au sein de l’Union européenne. Cette sous-commission avait été mise sur pied après le rejet du traité de Lisbonne par les électeurs irlandais lors du référendum de juin.

Ce traité doit être ratifié à l’unanimité des 27 membres de l’UE avant de pouvoir entrer en vigueur. Les conclusions de ce rapport sont susceptibles d’influer sur la position du gouvernement de Dublin envers l’idée d’un deuxième référendum.

Le ministre irlandais des Affaires étrangères, Michael Martin, s’est félicité de la publication de ce rapport qu’il a promis “d’étudier minutieusement et sans tarder” – Source Yahoo/Reuters

Ah bon ! mais que dit ce rapport ? Quelques détails sur Euractiv

Le rapport signale un affaiblissement de la position de l’Irlande depuis le 12 juin. Le pays pourrait d’ailleurs souffrir de répercussions économiques considérables suite au vote négatif sur le traité modificatif de l’Union. Fait révélateur, le rapport signale que d’autres pays européens devraient sans doute développer un mécanisme qui leur permette d’aller de l’avant – sans l’Irlande – en mettant en œuvre les réformes envisagées par le traité.

L’actuelle crise économique mondiale semble également constituer un argument essentiel en faveur d’une remise en question de l’Irlande. En raison de l’isolation irlandaise, la capacité des banques du pays à lever des fonds sur les marchés internationaux pourrait diminuer, et le pays aurait plus de difficultés à rivaliser pour les investissements étrangers directs.

En français, ça s’appelle du chantage !!!

Le rapport a également qualifié de peu recommandable la suggestion selon laquelle l’Irlande pourrait ratifier le traité de Lisbonne par voie parlementaire. Les spécialistes avaient indiqué que cette solution était certes envisageable d’un point de vue juridique, mais difficilement vendable au peuple irlandais.

Par ailleurs, le rapport a rejeté la solution selon laquelle l’Irlande pourrait se retirer de l’Union, la qualifiant d’impensable. Même si le rapport ne propose pas de solutions concrètes, il penche grandement en faveur d’un second référendum contenant des déclarations supplémentaires, des décisions conjointes et des protocoles qui rassurent les électeurs irlandais sur différentes questions.

Il est désormais presque sûr qu’un second référendum aura lieu, même si la date et la question exacte à laquelle devra répondre l’Irlande n’ont pas encore été fixées. Le Premier ministre irlandais Brian Cowen devrait présenter ses positions sur l’avenir du référendum lors du sommet des 11 et12 décembre, qui se tiendra à Bruxelles. De son côté, le président du Parlement européen Hans-Gert Pöttering, qui s’est rendu à Dublin il y a quelques jours, a salué chaleureusement le rapport du Parlement irlandais.

Il est judicieux que le sous-comité ait identifié un certain nombre de questions claires auxquelles il faut répondre, notamment celles relatives à la politique fiscale, à la consolidation d’une politique de marché sociale, aux subsidiarités sur les décisions relatives aux questions éthiques délicates, à la protection de la neutralité irlandaise traditionnelle et au maintien d’un commissaire européen, a souligné M. Pöttering. Il s’est d’ailleurs dit certain que des solutions pourront bientôt être trouvées – Source Euractiv

En clair, une “sous commission” est capable de mettre au point un dispositif qui va remettre en cause un scrutin défavorable.

De quelle façon va t-on essayer de rejouer le match ?

La fin du texte trouvé sur Euractiv l’explique : Questions claires auxquelles il faut répondre, notamment celles relatives à

La politique fiscale : L’Irlande a mis en place un système fiscal (dumping fiscal) particulièrement favorables aux entreprises. Quel cadeau supplémentaire peut-on lui offrir ?

La consolidation d’une politique de marché sociale : Les irlandais comme les britanniques refusent tout volet social. Une nouvelle exception en plus ?

Subsidiarités sur les décisions relatives aux questions éthiques délicates : Les irlandais refusent le droit à l’avortement. Les dispensera t-on de ce débat s’ils votent le traité de Lisbonne

Ces “aménagements” permanents prouvent s’il était nécessaire que chaque citoyen européen ne dispose pas des mêmes droits et devoirs dans l’Union. Cette particularité disqualifie l’actuel projet dirigé par l’actuel Président de la Commission Européenne et le Président de l’Union en exercice.

Carottes et bâtons resteront par contre les deux atouts de l’Union Européenne afin de faire rentrer dans le rang les récalcitrants.

De la grande politique direz-vous ? C’est exactement ce que de plus en plus d’européens se disent.

Au fait, bien que cela ne soit pas prévu, pourquoi les membres de la commission européenne et son Président ne seraient-ils pas élus au suffrage universel ? ça nous éviterait probablement que ceux-ci soient nommés par les chefs d’état et de gouvernement désirant se délester d’hommes ou de femmes politiques trop remuants ou insipides.

Oui mais ça c’est de la vraie démocratie. Pour l’instant le seul objectif est de remettre en cause la souveraineté des peuples … jusqu’à ce qu’ils votent comme on leur demande

Belle leçon de démocratie !!!

G5 et G20 : “Laisser le marché fonctionner”… avec votre argent !

Posted by slovar on 19/11/08

La crise économique, vous savez, celle qui annonce gel des embauches, plans sociaux et délocalisations vers des destinations européennes ou asiatiques. Cette crise que les entreprises assurent ne pas pouvoir assumer. Il en a été question au G20 (qui n’en déplaise à notre Président a été éclipsé par le triste congrès du PS) mais aussi de façon antérieure au G5.

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Une dépêche AFP du 17/11/08 reprise par Les ECHOS fait état de la demande de 47 industriels européens

Siemens, Renault, Saint-Gobain, parmi d’autres grands groupes industriels, demandent “plus d’impulsions budgétaires”, notamment de la part de l’Allemagne, première économie européenne.

La Table ronde européenne des industriels, qui rassemble 47 géants européens du secteur, a fait part lundi de son “besoin urgent de nouvelles actions politiques” face à une crise “extrêmement dangereuse”. “Nous acceptons et soutenons les stratégies présentées au cours du week-end par les dirigeants du G20. Mais l’urgence de la situation appelle des mesures précises et allant beaucoup plus loin”, écrivent ces grandes entreprises européennes dans un communiqué.

Les 47 industriels, parmi lesquels Siemens, SAP, Nokia, Saint-Gobain ou encore Renault, demandent en particulier “plus d’impulsions budgétaires, notamment de la part de la première économie européenne, l’Allemagne”, via des programmes massifs d’investissement et des baisses d’impôt. Autres mesures réclamées : de nouvelles baisses de taux d’intérêt des banques centrales, des dispositifs garantissant l’accès au crédit, ou encore des progrès dans les négociations internationales pour la libéralisation des échanges.

Lors d’une conférence de presse téléphonique l’actuel président de l’organisation, le patron de Nokia, Jorma Ollila, a souligné que “la crise s’annonce longue, ce n’est pas une de ces récessions dont on sort au bout de six ou neuf mois.” “Les Etats européens doivent prendre des mesures de relance budgétaires d’une ampleur exceptionnelle. Et l’Allemagne, qui a un tel impact sur tous les autres pays en tant que première puissance économique européenne, doit montrer la voie”, a-t-il estimé. Jorma Ollila a aussi critiqué les plans de relance tendant à favoriser des secteurs d’activité ciblés. En Allemagne notamment, le secteur automobile est celui sur lequel semble se concentrer jusqu’ici l’effort politique. En gros, on va délester mais le délestage pourrait être encore plus violent sans l’argent des Etats qui est, ne l’oublions pas, en grande partie, l’argent des contribuables dont certains sont salariés menacés de licenciement ou déja licenciés.

Chantage ou profil bas ?

On est en droit de se le demander en lisant le résumé de la déclaration des organismes patronaux européens réunis au MEDEF publiée et par les ECHOS le 20 Octobre 2008.

Il était « bon, nécessaire et utile » que les Etats interviennent pour juguler la crise. Mais maintenant que différents plans de sauvetage ont été mis en place, la puissance publique doit laisser le marché fonctionner.

Telle est la conclusion à laquelle est arrivé, vendredi, le sommet qui réunissait, au Medef, les organisations patronales de France, d’Allemagne, de Grande-Bretagne, d’Italie et des Etats-Unis. « Nous voulons dire combien nous croyons dans l’entreprise privée, a déclaré Laurence Parisot (photo), il faut que le grand public comprenne que c’est par l’entreprise qu’on trouvera la solution vers la croissance, pas par les Etats. » « C’est le business qui fait tourner l’économie », a acquiescé Donald J. Shepard pour la US Chamber of Commerce.

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« Il ne faut pas laisser les gens dire que c’en est fini du capitalisme », a renchéri Jürgen Thumann au nom du BDI allemand. Pour Richard Lambert, de la CBI anglaise, « les entrepreneurs doivent répéter que, si l’économie de marché a pu paraître extravagante ces dernières semaines, elle reste le meilleur système pour la prospérité de chacun ». « Nous sommes tous contre la hausse des impôts et de la dépense publique », a ajouté Emma Marcegaglia, présidente de la Confindustria italienne. Les organisations présentes ont décidé de créer une « task force » pour « nourrir le débat » sur l’« évolution du système financier international ». Source Les ECHOS

Dans le détail, on peut lire le compte rendu de ce G5 sur le site du MEDEF

G5 – APPEL DES ENTREPRISES AMERICAINES ET EUROPEENNES

1. L’INTENSITE ET L’AMPLEUR DE LA SITUATION FINANCIERE REPRESENTENT UN DEFI MAJEUR POUR L’ENSEMBLE DES PAYS

Les bouleversements financiers récents affectent maintenant l’économie réelle.

Les entreprises approuvent totalement et sans réserve les différents plans d’urgence annoncés par le Conseil européen des Vingt-Sept et par les gouvernements européens et américains pour assurer la stabilité du système bancaire et financier et la distribution normale du crédit aux entreprises et aux ménages.

Elles approuvent aussi les décisions coordonnées prises par sept banques centrales de réduction des taux d’intérêt et espèrent que ce mouvement de baisse des taux pourra se poursuivre.

Dans ces circonstances exceptionnelles, Emma Marcegaglia Présidente de la Confindustria, Laurence Parisot Présidente du Medef, Jürgen Thumann Président du BDI, Richard Lambert Directeur Général de la CBI, Donald Sherpard Chairman du Board de l’US Chamber of Commerce et Ernest-Antoine Seillière Président de BusinessEurope ont décidé de se réunir à Paris pour partager un diagnostic, examiner les conséquences de cette situation qui concerne toutes les entreprises et tous les pays et pour préparer la contribution des entreprises aux débats internationaux à venir.

… / …

2. NOUS ATTENDONS AUJOURD’HUI :

Des responsables politiques et institutionnels :

Qu’ils continuent à coordonner étroitement et durablement leurs efforts ainsi qu’ils viennent de le faire au niveau du Conseil Européen, du G7 Finances et des banques centrales. Cette coordination devrait être étendue pour y associer les autres grands pays.

Qu’ils accélèrent la mise en œuvre des réformes pour un retour à la stabilité et à un fonctionnement normal des marchés financiers.

Qu’ils mettent en œuvre des politiques économiques adaptées à cette situation sans précédent. L’effort consenti par les gouvernements pour limiter l’impact de la crise financière doit s’accompagner d’un effort équivalent de restructuration des dépenses publiques pour éviter aux entreprises toutes nouvelles charges fiscales voire les réduire dès que possible.

Qu’ils écartent toute mesure protectionniste et renoncent à poursuivre les interventions publiques au-delà de ce qui est nécessaire pour faire face aux circonstances actuelles. Faute de quoi, le retour de la confiance et la reprise économique pourraient être retardés. Que leurs interventions ne portent pas atteinte aux conditions de la libre concurrence.

Des banques et des institutions financières :

Qu’elles assument pleinement leur rôle de financement normal de l’économie en général, des entreprises en particulier quelque soit leur taille. Les banques centrales d’une part, et les gouvernements d’autre part, ont apporté un soutien puissant à la fois pour recapitaliser les banques qui en avaient besoin et pour assurer les liquidités suffisantes à l’ensemble des institutions financières. Les effets de ces décisions devraient bientôt se faire sentir. Dès lors, il est indispensable que les banques fassent à leur tour tout ce qui leur est possible, pour assurer une distribution normale du crédit aux entreprises.

Toutefois ceci suppose également que l’adaptation des règles prudentielles des banques et des compagnies d’assurance soit progressive et cohérente pour prévenir tout effet négatif sur le financement de l’économie. Cette adaptation devra encourager les investissements de long terme dans les entreprises.

3. NOUS NOUS ENGAGEONS :

A mobiliser nos entreprises pour faire face à la situation :

- en agissant en entreprise citoyenne,

en étant solidaires de nos fournisseurs et sous-traitants, en particulier les petites et moyennes entreprises.

en nous engageant à informer pleinement nos salariés des développements des conditions économiques.

en réaffirmant notre implication pour le bien-être des territoires dans lesquels nous travaillons.

… / … .

A constituer une « task force » spécifique destinée à préparer des propositions communes sur :

- la supervision transfrontalière,
les agences de notation,
la transparence,
la révision des règles comptables,
la gouvernance des entreprises.

4. NOUS SOMMES CONVAINCUS :

Que l’entreprise privée est le moteur de l’économie et qu’elle conduira le redressement économique. Une éthique exigeante, la prise de risque, l’esprit d’initiative, la responsabilité et la durabilité en sont les valeurs essentielles.

Que les Etats ont pleinement rempli leur rôle en mettant en place les mesures indispensables au retour à un fonctionnement normal des marchés financiers. Toutefois les gouvernements doivent être des acteurs temporaires sur les marchés. Seule l’économie de marché permet l’échange des biens, des services et des idées, et d’assurer ainsi une prospérité durable. Cela ne sera possible qu’avec un marché régulé et sans entrave.

En cette période d’incertitude, les politiques, les décideurs économiques et les médias ont une responsabilité particulière : celle de donner au public toutes les informations objectives nécessaires pour comprendre la situation actuelle.

En dépit de la gravité de cette situation, nous sommes convaincus que nos économies retrouveront le chemin de la croissance à condition que les pays écartent les mesures protectionnistes et coopèrent entre eux dans le respect des principes fondamentaux de l’économie de marché.

En politique, on dit langue de bois. En ce qui concerne les participants au G5 on pourrait dire de chêne massif.

Ni coupables ni responsables !!!

N’y a-t-il aucun dirigeant des banques adhérent au MEDEF ou aux organisations patronales du G5. Ariane OBOLENSKY qui est, semble-t-il, à la tête de la Fédération Bancaire Française n’est-elle membre du bureau du MEDEF ?

Les médias en rendant compte de la déroute du système et des “ajustements d’effectifs” sont-ils passibles, comme en 14-18, d’une exécution capitale pour acte de démoralisation ?

Par ailleurs, nous nous serions passionnés pour des explications plus précises en ce qui concerne Les notions “ d’entreprise citoyenne ” et celle qui consiste à “ Informer pleinement nos salariés des développements des conditions économiques ” mais nous resterons sur notre faim.

Logiquement, la déclaration des 47 industriels étant plus récente que celle du patronat européen, on aurait aimé lire si les invités de Laurence Parisot, confirment la phrase de Richard Lambert “ les entrepreneurs doivent répéter que, si l’économie de marché a pu paraître extravagante ces dernières semaines, elle reste le meilleur système pour la prospérité de chacun

Nous avons fait une recherche sur le site du MEDEF pour constater que seules les élections prud’homales semblent motiver actuellement l’organisation.

Alors, soyons imaginatifs et pragmatiques : La prochaine fois, lorsque vous passerez à votre banque, pourquoi ne pas refuser de donner quelques garanties que ce soit en échange d’un prêt bancaire illimité ? Pourquoi, également, ne pas repartir avec un peu d’argent de poche à dépenser sans en parler à la famille.

Et pourquoi ne pas répondre au Trésor Public lorsqu’il vous enverra votre feuille d’impôts que votre situation vous autorise à demander à l’Etat un plan de relance de votre budget familial faute de quoi, vous cesserez de nourrir vos enfants ?

On a eu très largement tort de ne pas croire au slogan de campagne de Nicolas Sarkozy “Ensemble tout est possible” Il préfigurait pourtant bien cette époque ou faire les poches des autres est une activité sans risque pour une petite minorité.

Y a-t-il eu quelques chefs d’Etats ou de gouvernement pour en parler et éventuellement en sourire lors du G20 ou du G5 ?

Au fait le nom de G20 c’est avant tout celui d’une chaine de supermarchés dont le slogan est : Dépenser moins sans aller loin.

Ah non, vous n’allez pas recommencer avec le pouvoir d’achat au moment ou les caisses sont vides et le Premier Ministre dirige un pays au bord de la faillite

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